Trump soutient Brigitte Macron et divise les Maga
En s’attaquant frontalement à l’influenceuse Candace Owens et en soutenant Brigitte Macron, Donald Trump crée la surprise. Mais derrière cette sortie inattendue, c’est surtout une fracture croissante au sein de la droite américaine qui apparaît au grand jour.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Trump défend Brigitte Macron contre une rumeur complotiste et vise Candace Owens
— Il s’en prend violemment à plusieurs figures conservatrices opposées à la guerre en Iran
— L’épisode révèle une fracture croissante au sein du camp républicain américain
La scène est pour le moins inhabituelle. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a pris la défense de la première dame française, ciblée depuis plusieurs années par une rumeur complotiste affirmant qu’elle serait « née homme ».
Le président américain s’en est directement pris à Candace Owens, figure influente de la sphère conservatrice radicale, dénonçant des accusations « fausses » visant une personnalité « hautement respectée ». Il est allé plus loin en exprimant son souhait que Brigitte Macron « remporte beaucoup d’argent » dans la procédure en diffamation engagée aux États-Unis.
Dans un registre plus personnel, Trump a même ajouté qu’il n’y avait « pas de débat » sur la question, allant jusqu’à comparer favorablement la première dame française à son accusatrice.
Une attaque frontale contre son propre camp
Mais au-delà du cas Brigitte Macron, cette sortie révèle un affrontement beaucoup plus large. Donald Trump a violemment attaqué plusieurs figures majeures de la droite américaine, dont Tucker Carlson, Megyn Kelly et Alex Jones.
Tous ont en commun de s’opposer à la guerre menée contre l’Iran, dénonçant une rupture avec la doctrine isolationniste de « l’Amérique d’abord ». Trump les accuse, dans des termes particulièrement virulents, de soutenir implicitement un Iran nucléaire et les qualifie de « stupides » dotés d’un « QI bas ».
Ces attaques traduisent une tension croissante au sein du camp républicain. Une partie non négligeable de son électorat — environ 22 % selon un sondage YouGov — s’oppose désormais à cette guerre, révélant une fracture stratégique profonde.
Une polémique révélatrice
L’affaire trouve son origine dans une rumeur persistante, apparue dès 2017 et régulièrement relancée sur les réseaux sociaux. Elle a connu un regain international lorsque Candace Owens s’en est emparée, notamment à travers une série de vidéos largement diffusées.
Face à cette situation, Emmanuel et Brigitte Macron ont engagé des poursuites en diffamation devant la justice américaine, réclamant des dommages et intérêts.
La réaction de Donald Trump intervient donc à un moment clé, à la fois judiciaire et politique. Elle ne relève pas seulement d’un soutien ponctuel, mais s’inscrit dans un contexte de recomposition interne du camp conservateur américain.
Un équilibre politique fragile
En prenant position sur ce dossier, Trump envoie un double signal. À l’extérieur, il se pose en défenseur d’une figure politique étrangère contre des dérives complotistes. À l’intérieur, il resserre les rangs autour de sa ligne sur l’Iran, quitte à rompre avec certaines figures historiques de son propre camp.
Cette séquence illustre une évolution plus large : le trumpisme, longtemps structuré par une forte cohésion idéologique, apparaît désormais traversé de lignes de fracture, notamment sur les questions de politique étrangère.