Un journaliste de la BBC qualifie Studio Brussel d’hypocrite après la destruction d’images religieuses
Un extrait de la radio flamande Studio Brussel a suscité une vive polémique en ligne après qu’un journaliste de la BBC, Colm Flynn, a dénoncé sur X un « double standard » dans le traitement des symboles religieux. Dans la séquence en cause, les animateurs détruisent notamment une statue de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, tout en expliquant qu’ils ne feraient jamais de même avec des symboles relevant d’autres religions, comme l’islam.
Publié par Peter Backx
Résumé de l'article
— Un extrait de Studio Brussel a provoqué une polémique après la destruction d’une statue de Marie et de Jésus.
— Le journaliste de la BBC Colm Flynn dénonce un « double standard » dans le traitement des religions.
— L’affaire relance le débat sur les limites de la satire et la responsabilité d’un média financé par des fonds publics.
Colm Flynn, journaliste qui réalise des reportages sur les questions religieuses et sociétales, notamment pour la BBC, a relayé l’extrait et s’est interrogé sur la manière dont différentes religions y étaient traitées.
Une séquence issue d’une opération « Blue Monday »
L’extrait provient de l’émission matinale de Studio Brussel. Les animateurs Eva De Roo et Dries Lenaerts y cassent plusieurs objets dans le cadre d’une opération liée au « Blue Monday ». Les auditeurs étaient invités à envoyer des messages expliquant ce qui les rendait tristes ou contrariés, afin que ces frustrations soient symboliquement « réduites en morceaux ». Au cours de la séquence, une statue de Marie et de Jésus est notamment détruite.
Dans l’extrait, Eva De Roo explique que la vidéo se veut une manière légère de gérer les émotions négatives. Selon elle, le fait de briser physiquement des objets peut aider à relâcher la frustration.
« Rire de soi-même »
Dans un échange avec Colm Flynn après la diffusion, l’animatrice établit une distinction nette entre les religions. Elle affirme ainsi que casser une représentation du prophète Mahomet ne lui semblerait pas approprié, « parce qu’il y a beaucoup de musulmans en Belgique ». À ses yeux, l’usage de symboles chrétiens relève d’une autre logique. « Cela peut être considéré comme une manière de rire de soi-même, parce que beaucoup de gens en Flandre viennent d’une tradition chrétienne », explique-t-elle. Elle ajoute qu’elle ne détruirait pas non plus de symboles juifs.
Le producteur Sam De Bruyn, qui participait lui aussi à l’échange avec Flynn, reconnaît qu’il est possible que la destruction d’images chrétiennes offense certaines personnes, mais estime que cela reste moins sensible en Belgique, « parce que la Belgique n’est pas fortement religieuse ».
Flynn dénonce une distinction « hypocrite »
Colm Flynn a alors objecté qu’il y avait aussi beaucoup de chrétiens en Belgique. Il a notamment évoqué les récentes visites du pape et qualifié la distinction opérée d’« hypocrite ». Il a également rappelé que la station est financée par des fonds publics.
Sur les réseaux sociaux, l’extrait a suscité de nombreuses réactions. Les animateurs se voient reprocher d’appliquer des « doubles standards » dans leur rapport aux religions. « Il est toujours plus facile de se moquer d’une foi dont on sait qu’elle ne provoquera pas de réaction », peut-on lire. « Ils ne feraient jamais la même chose avec les symboles d’une religion dont ils attendent, au contraire, une résistance. »
« Le déclin de notre culture »
D’autres commentaires replacent l’épisode dans un cadre sociétal plus large. Certains y voient une illustration du « déclin de notre culture occidentale » et estiment que « les symboles les plus sacrés sont brisés sans scrupule parce que l’on part du principe que la religion ne joue plus aucun rôle ici ».
Le rôle du service public revient également dans les critiques. Plusieurs internautes soulignent qu’il s’agit d’une « radio financée par l’argent du contribuable » et s’interrogent sur les limites de la satire et de la responsabilité éditoriale. La séquence est décrite par certains comme « irrespectueuse » et « hypocrite ».