Violences au CPAS d’Anderlecht : Marcela Gori (MR) veut retirer les aides sociales aux agresseurs
Après le saccage d’un bureau et l’agression de deux policiers mercredi soir, la vice-présidente du CPAS d’Anderlecht, Marcela Gori (MR), tape du poing sur la table. Elle annonce vouloir activer une circulaire ministérielle pour retirer l’ensemble des aides sociales aux auteurs de violences, estimant qu’il est temps de « passer au bâton » et de « toucher au portefeuille » pour restaurer le respect.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Une violente agression au CPAS d’Anderlecht a blessé deux policiers et un agent de sécurité
- Marcela Gori (MR), vice-présidente du CPAS, dénonce une hausse continue des violences et un climat devenu de plus en plus tendu
- Elle rejette les explications liées à la précarité et insiste sur la responsabilité individuelle
- Elle propose de retirer les aides sociales aux agresseurs pour « toucher au portefeuille » et rétablir l’autorité
L'incident, décrit par l'élue anderlechtoise comme étant d'une « gravité extrême », a débuté de manière presque banale : une personne s'est présentée dans les locaux du CPAS pour charger son téléphone portable. Constatant le vol de son appareil, l'individu a perdu tout contrôle, s'enfermant dans un box de réunion avant de tout saccager : tables, ordinateurs, matériel informatique, rien n'a survécu. L'intervention de la police a été nécessaire, mais le bilan est sérieux: deux policiers et un agent de sécurité ont été blessés par l'agresseur en furie.
Un personnel sous le choc et un climat qui se dégrade
Pour les travailleurs, cet événement est le traumatisme de trop. « Ils sont choqués », confie Marcela Gori, rappelant qu'un incident similaire il y a un an, où une borne de tickets avait été détruite, avait coûté près de 10 000 € à la collectivité. Au-delà de ces pics de violence, l'élue pointe une hausse constante de l'insécurité au quotidien : insultes lors des visites à domicile, comportements exhibitionnistes en salle d'attente ou contestation permanente de l'autorité. « L'objectif des assistants sociaux, c'est d'aider leur prochain, pas de se faire agresser », martèle la vice-présidente. Elle dénonce un problème sociétal où les usagers connaissent parfaitement leurs droits, mais ignorent systématiquement leurs devoirs.
« La précarité n’excuse pas le manque de respect »
Marcela Gori s'oppose frontalement aux explications de certains partis, comme le PTB, qui lient ces violences à la précarité ou aux politiques de l'Arizona. Pour elle, ces justifications sont « lunaires » et « honteuses » vis-à-vis du personnel. « Que vous soyez dans une situation précaire ou pas, le respect, c’est la moindre des choses », assène-t-elle, refusant toute légitimation de la violence sous prétexte de pauvreté.
Vers des sanctions radicales : toucher au portefeuille
Face à l'inefficacité des mesures actuelles — le service de gardiennage coûte déjà plus de 200 000 € par an pour les trois sites du CPAS — l'élue libérale veut passer à la vitesse supérieure. Elle ne compte plus se contenter d'affiches de sensibilisation ou de simples plaintes pénales.
Sa proposition est claire : utiliser la circulaire ministérielle our imposer des sanctions administratives effectives, allant jusqu'au retrait de toutes les aides sociales pour les auteurs de faits de violence.
« Quand on a ce type de comportement, il est inacceptable que la collectivité continue à payer », explique-t-elle. Marcela Gori souhaite que la sanction soit immédiate et financière : « Quand les personnes sauront qu'on va toucher au portefeuille, ils vont réfléchir deux fois avant d'insulter un travailleur ou de dégrader des biens publics ».
Cette ligne dure, qu'elle entend plaider avec force au sein du conseil de l'aide sociale, vise à envoyer un signal clair de soutien aux agents : le CPAS ne se contentera plus de paroles, mais agira par des actes concrets pour protéger ceux qui sont au service des plus démunis.