7 octobre : le rapport britannique qui veut empêcher l’oubli
Dans sa deuxième édition, la "7 October Parliamentary Commission" britannique entend fixer noir sur blanc ce qui s’est passé le 7 octobre 2023 en Israël : l’ampleur du massacre, la préparation de l’attaque, la mécanique de la terreur et la réalité des atrocités commises. Un document à charge, certes, mais pensé avant tout comme une arme contre le déni.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
Publié en mars 2026, le rapport britannique de la 7 October Parliamentary Commission veut établir un dossier factuel solide sur l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, afin de contrer le déni, la minimisation ou la falsification des faits.
Le document décrit une opération préparée de longue date, coordonnée par le Hamas et d’autres factions armées, qui a fait 1.183 morts, plus de 4.000 blessés et 251 otages, en frappant simultanément des dizaines de sites civils et militaires dans le sud d’Israël.
Il insiste sur la nature des atrocités commises - massacres de civils, enlèvements, violences sexuelles, mutilations, incendies et pillages - et se présente comme une pièce d’archives autant qu’un instrument de bataille mémorielle.
Il faut d’abord préciser de quoi l’on parle. Ce rapport n’est pas un document officiel du Parlement britannique au sens strict. Il a été préparé par l’All-Party Parliamentary Group for UK-Israel, un groupe transpartisan présidé ici par Lord Roberts of Belgravia. Mais ses auteurs affichent clairement leur objectif : constituer un dossier historique solide, documenté, actualisable, destiné à préserver « un relevé exact des événements » face aux tentatives de négation, de relativisation ou de distorsion. Le texte se présente lui-même comme un « living document », un document vivant, qui sera enrichi à mesure que de nouveaux éléments seront confirmés.
Le constat de départ est brutal. Selon cette deuxième édition, l’attaque du 7 octobre 2023 a fait 1.183 morts et plus de 4.000 blessés. Le rapport retient aussi le chiffre de 251 otages liés à cette journée, dont 209 personnes emmenées vivantes à Gaza et 42 corps. Parmi les morts, 864 étaient des civils, soit 73% du total. Les victimes provenaient de 44 pays. Dix-sept Britanniques ont été tués et deux autres ont été pris en otage. Le rapport martèle une idée : il ne s’agit pas d’un simple épisode de guerre, mais d’une attaque terroriste de masse, d’une ampleur exceptionnelle.
Une machine de guerre préparée de longue date
L’un des points les plus frappants du document tient à la reconstitution de la préparation. Pour ses auteurs, le Hamas n’a pas improvisé. Le concept même de l’attaque remonterait à avant 2014 et les préparatifs formels auraient commencé dès 2021. Le rapport rappelle en outre qu’une « Joint Room », destinée à coordonner plusieurs factions armées palestiniennes, avait été structurée dès 2018. L’assaut du 7 octobre apparaît donc comme l’aboutissement d’un travail de planification long, discret et méthodique.
La commission estime que 3.800 combattants du Hamas, notamment issus des unités d’élite Nukhba et des brigades al-Qassam, ont participé à la pénétration en territoire israélien. Ils auraient été épaulés par 2.200 membres d’autres groupes armés et par des civils venus de Gaza, tandis qu’environ 1.000 personnes restaient en soutien du côté gazaoui. Les auteurs décrivent une opération cloisonnée, connue dans ses détails par un noyau restreint de dirigeants, afin d’éviter les fuites. Ils évoquent des entraînements sur des maquettes de localités israéliennes, des répétitions de prises d’otages, une cartographie précise des cibles et un arsenal soigneusement constitué.
Autrement dit, le 7 octobre n’a pas été seulement une percée militaire. Ce fut une opération de saturation pensée pour désarticuler, terroriser, tuer et kidnapper à grande échelle.
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