À Avignon, François Fillon déclare que « la France est en faillite et l’immigration hors de contrôle ». Il soutient Bruno Retailleau.
François Fillon a donné un large discours à Avignon aujourd'hui à l'invitation de Julien Aubert. L'occasion pour lui de soutenir Bruno Reteilleau, de rappeler que la France est quasi-faillite financière et que l'immigration est hors de contrôle selon lui. Il ne souhaite pas enfin que la droite vote le budget pour sauver le gouvernement.
Publié par J.PE
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Invité du colloque de rentrée du mouvement Osons la France, l’ancien Premier ministre a livré un réquisitoire contre dix années de macronisme. Dette publique, immigration, liberté d’expression et avenir de l’Union européenne : dénonçant le « déclassement » de la France, il appelle à une rupture politique et désigne Bruno Retailleau comme le candidat le mieux placé pour mener le redressement national. Vous trouvez le discours ici.
François Fillon est de retour dans le débat politique. Près de dix ans après la présidentielle de 2017, dont il avait été l’un des principaux candidats avant de voir sa campagne emportée par les affaires judiciaires, l’ancien Premier ministre a choisi le colloque organisé à Avignon par Osons la France pour reprendre publiquement la parole. Un retour placé sous le signe de l’urgence nationale, mais aussi d’un soutien politique explicite à Bruno Retailleau en vue de l’élection présidentielle de 2027.
«La France est en échec dans presque tous les domaines. Elle est plus divisée que jamais. Elle est en faillite financière. Son économie a reculé de la 5° à la 7° place dans le monde. L’immigration est hors contrôle. L’insécurité n’a cessé de croitre nous plaçant désormais au 25° rang des pays de l’OCDE. », a-t-il lancé devant son auditoire, dressant un tableau particulièrement sombre de la situation du pays. Dette publique, affaiblissement économique, immigration, insécurité, recul diplomatique : pour l’ancien chef du gouvernement de Nicolas Sarkozy, les difficultés françaises ne relèvent plus d’une simple crise conjoncturelle, mais d’une dynamique de déclin qui menacerait jusqu’à l’existence même de la nation.
« Toutes ces dérives portent un nom : celui de décadence ! », a-t-il résumé.
Une charge frontale contre dix années de macronisme
Le cœur du discours est dirigé sur le bilan d'Emmanuel Macron et les deux quinquennats qui, selon François Fillon, devaient pourtant permettre une rénovation de la vie politique française. À ses yeux, le résultat est inverse : le pays s’est fragilisé, les finances publiques se sont dégradées et le paysage politique s’est polarisé entre le Rassemblement national et La France insoumise.
L’ancien Premier ministre dénonce une classe dirigeante « crispée sur son pouvoir », qu’il juge incapable de tirer les conséquences de ses échecs. Il critique notamment la dissolution de l’Assemblée nationale et l’absence de majorité parlementaire qui en a résulté, estimant que cette situation a rendu la gestion budgétaire particulièrement difficile et déclare : « Aucune reforme structurelle n’a été menée à bien. La dissolution et l’absence de majorité parlementaire qui s’en est suivi ont rendu la situation financière incontrôlable. J’avais suggéré à Emmanuel Macron d’en tirer les conséquences et d’avancer l’élection présidentielle pour éviter de faire perdre un temps précieux à la France. C’était sans compter sur son aveuglement et sur l’instinct de survie de ce qui apparait de plus en plus aux français comme une petite caste crispée sur son pouvoir et incapable de comprendre la gravité de la spirale du déclin qui nous entraine vers un déclassement durable. »
Son message à la droite est sans ambiguïté : il ne s’agit plus de rechercher des compromis tactiques ou de multiplier les discussions sur les primaires et les alliances, mais de proposer un programme de rupture. Ainsi il déclare : « Alors que les nuages noirs de la crise financière s’amoncellent à l’horizon, le président de la République arpente le monde en commentant l’actualité et en distribuant des promesses que la France sera incapable d’honorer. Son premier ministre menace les parlementaires qui seraient irresponsables de ne pas voter un budget qui accroitra encore une pression fiscale qui bat tous les records en Europe et qui asphyxie une économie déjà en berne. Non ! il ne serait pas responsable pour la droite d’offrir une roue de secours à ce gouvernement en cautionnant à la fois l’augmentation des impôts, l’accroissement du déficit et l’absence de réduction structurelle des dépenses publiques. Ce serait, à la veille des élections présidentielles, s’associer aux responsables de ce désastre qui va inévitablement entrainer une crise financière majeure dont les conséquences sur la vie quotidienne des Français seront comparables à ce qu’on connut les Grecs ou les Espagnols." Pour l'ancien Premier Ministre, il est hors de question que la droite vienne donc sauver l'actuel gouvernement par un vote budgétaire à quelques mois de la présidentielle.
Le rôle de la droite est désormais de proposer aux français une réorganisation profonde de l’appareil d’Etat et de l’organisation territoriale pour réduire la dépense publique et pour alléger le poids de la bureaucratie qui étrangle l’économie, déresponsabilise les citoyens et étouffe la démocratie. » conclut-il.