Abri de Lublin, la Pologne réactive sa défense civile face à la menace russe
L’abri de Lublin peut accueillir 200 personnes pendant 72 heures. Sa remise en service accompagne le renforcement de la protection civile polonaise face aux frappes russes près de la frontière.
Publié par A JS
Résumé de l'article
La remise en service d’un refuge des années 1980 accompagne les efforts polonais de protection civile. Les alertes liées aux frappes russes perturbent déjà le quotidien près de l’Ukraine. Les capacités de protection varient fortement selon les installations, tandis que certains habitants ignorent encore où se réfugier.
Lublin a remis en service un abri antiaérien construit au milieu des années 1980. Ce refuge se trouve sous les locaux de MPK, la compagnie municipale de bus. Il accueille désormais des habitants lors des alertes liées aux attaques russes en Ukraine.
Sa rénovation comporte un changement symbolique. La sortie de secours donne désormais vers l’ouest, contre l’est auparavant. Cette nouvelle orientation traduit l’évolution des menaces perçues depuis la guerre froide.
À cette époque, la Pologne appartenait au bloc soviétique, sans constituer une république de l’URSS. Membre de l’OTAN depuis 1999, elle surveille aujourd’hui les risques venant de son voisinage oriental.
L’abri de Lublin peut fonctionner pendant 72 heures
Les travaux ont adapté le refuge aux normes actuelles. Selon Kamil Rzad, inspecteur de la protection civile chez MPK Lublin, sa capacité atteint 200 personnes. Il peut les protéger pendant 72 heures au maximum.
L’installation dispose d’un accès à l’air, à l’eau et à l’électricité. Son fonctionnement ne dépend pas des réseaux électriques extérieurs, précise l’inspecteur à Reuters. Cette autonomie permet d’accueillir les occupants même en cas de coupure.
À l’échelle nationale, le gouvernement recense environ 2.000 abris, pour quelque 300.000 places. Il comptabilise aussi plus de 86.000 lieux de refuge moins protecteurs. Caves, parkings souterrains et stations de métro pourraient accueillir environ 23 millions de personnes.
Ces deux catégories n’offrent donc pas les mêmes garanties. Les capacités annoncées pour les refuges ordinaires ne correspondent pas à celles des abris aménagés.
Des alertes qui perturbent déjà la vie quotidienne
Plusieurs incursions de missiles et de drones russes ont renforcé la vigilance polonaise. Les autorités ont demandé aux habitants de l’est de se mettre à l’abri pendant certaines frappes. Celles-ci visaient l’Ukraine occidentale voisine.
Les alertes perturbent aussi le travail des médias. La semaine dernière, une télévision régionale a interrompu son direct pendant une vingtaine de minutes. Ses journalistes avaient rejoint un abri après une alerte aérienne.
Malgré ces avertissements, certains habitants ignorent encore où trouver une protection. Elzbieta Woznica, 77 ans, explique à Reuters qu’elle gagnerait probablement son sous-sol ou sa salle de bain. Après des années de tranquillité, elle n’imaginait pas devoir envisager une telle situation.
Le Premier ministre Donald Tusk a évoqué cette semaine le rapprochement des attaques russes avec la frontière polonaise. Selon lui, leur fréquence contraint régulièrement l’armée à faire décoller ses avions, de jour comme de nuit. Il assure que les autorités maintiennent leur mobilisation pour prévenir tout incident du côté polonais.