Affaire Cofnas : la pensée interdite est-elle devenue la norme à l’université ?
La pression monte à l’Université de Gand pour écarter le philosophe des sciences Nathan Cofnas, accusé de défendre des thèses controversées sur l’intelligence et la génétique. Mais au-delà du cas individuel, l’affaire révèle une question plus profonde : qui décide aujourd’hui de ce qu’il est encore permis de penser et d’étudier dans le monde académique ?
Publié par Peter Backx
Résumé de l'article
— L’affaire Cofnas à Gand pose la question des limites de la liberté académique face à des recherches controversées
— Le débat glisse de la réfutation scientifique vers la disqualification morale de certaines hypothèses
— En toile de fond, se joue une redéfinition des frontières du dicible dans l’université contemporaine
La polémique enfle autour de la nomination de Nathan Cofnas à l’Université de Gand. Ce philosophe des sciences britanno-américain, qui travaille sur l’intelligence, l’hérédité et les différences entre populations, se revendique lui-même comme « réaliste racial » et s’inscrit explicitement dans une critique du wokisme.
Rapidement, la contestation s’est structurée. Des dizaines d’universitaires ont dénoncé des idées jugées incompatibles avec les valeurs de l’institution. Une lettre ouverte, signée par des centaines de personnes, a demandé des comptes sur son recrutement. La pression médiatique et académique est désormais manifeste.
Ce n’est pas la première fois que Cofnas se retrouve au cœur d’une tempête. En 2024, ses liens avec un collège de l’Université de Cambridge avaient été rompus à la suite d’une controverse similaire. Pourtant, une enquête ultérieure avait écarté la plupart des plaintes.
Liberté académique ou ligne rouge morale ?
À Gand, Cofnas reste pour l’instant en poste. La rectrice, Petra De Sutter, reconnaît le caractère « blessant et préoccupant » de certaines de ses déclarations, tout en rappelant que la procédure de recrutement a été respectée. Elle plaide pour un débat ouvert, estimant que les idées doivent être discutées et critiquées, non écartées administrativement.
Mais c’est précisément là que se situe le nœud du problème. La question centrale n’est plus seulement de savoir si Cofnas a raison ou tort. Elle devient plus fondamentale : a-t-il le droit d’explorer ces hypothèses ?
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