Antisémitisme dans les univeristés: Degryse renvoie à la responsabilité des établissements
Face aux inquiétudes croissantes sur la montée de l’antisémitisme, y compris dans l’enseignement supérieur, la ministre-présidente Élisabeth Degryse appelle à la vigilance mais rappelle que les dispositifs existent déjà. Interpellée au Parlement, elle insiste sur le rôle des universités et la nécessité de renforcer la prévention.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- La députée MR Diana Nikolic alerte sur une montée de l’antisémitisme, notamment dans les universités
- Elle cite une étude évoquant des signaux préoccupants chez certains étudiants
- La ministre-présidente Élisabeth Degryse indique ne pas avoir pu consulter l’étude mentionnée
- Elle rappelle l’existence de dispositifs anti-discrimination dans chaque établissement
- Les faits de discrimination doivent être signalés aux commissaires du gouvernement
La question de la montée de l’antisémitisme, y compris dans l’enseignement supérieur, s’est invitée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Interpellée par la députée MR Diana Nikolic, la ministre-présidente Élisabeth Degryse a appelé à la vigilance tout en rappelant les dispositifs existants au sein des universités.
Un climat jugé préoccupant
Dans sa question, Diana Nikolic a pointé un contexte global d’augmentation des actes antisémites, évoquant notamment l’attentat contre la synagogue de Liège survenu le 9 mars dernier. Elle s’appuie également sur plusieurs indicateurs, dont les statistiques d’Unia et les signalements recensés par la plateforme antisemitisme.be, qui témoignent d’une tendance à la hausse — possiblement sous-estimée en raison d’un sous-signalement.
La députée a également relayé les conclusions d’une étude menée à l’Université de Liège, selon lesquelles une part non négligeable d’étudiants présenterait des attitudes antisémites, à des degrés variables. Des résultats qu’elle juge « préoccupants » et qui, selon elle, doivent nourrir une réflexion plus large, notamment dans les établissements d’enseignement supérieur.
Surréalisme belge: la ministre n'a pas lu l'étude...
En réponse, Élisabeth Degryse a indiqué ne pas avoir pu consulter l’étude évoquée, celle-ci n’étant pas disponible officiellement. Une réponse surprenante, dans la mesure oùcette étude a été largement médiatisée. Que la ministre responsable de l'enseignement supérieur ait pu passer à côté de cette étude inquiétante dans les milieux universitaires pose question, à plus forte raison dans un contexte particulièrement tendu, La ministre-présidente a toutefois rappelé avoir récemment détaillé, en commission, les dispositifs déjà en place pour lutter contre les discriminations, y compris l’antisémitisme.
Elle insiste sur le fait que chaque établissement d’enseignement supérieur dispose de ses propres mécanismes et en assume la responsabilité. « Chaque établissement met en œuvre des dispositifs pour lutter contre les discriminations et l’antisémitisme », a-t-elle souligné.
Signalement, prévention et dialogue
Au-delà des dispositifs, la ministre-présidente met en avant un travail de suivi et de dialogue avec les institutions académiques. Elle indique avoir demandé aux commissaires et délégués du gouvernement de signaler systématiquement les faits de discrimination, mais aussi les éventuelles entraves à la liberté d’expression.
Le gouvernement encourage également les universités à renforcer les actions de prévention et de sensibilisation, notamment auprès des étudiants.
Dans sa réplique, Diana Nikolic a insisté sur la nécessité d’aller plus loin. Sans généraliser, elle évoque des « signaux préoccupants » qui appellent à une mobilisation renforcée.
Elle rappelle également que l’antisémitisme dépasse les seules communautés concernées et constitue une menace plus large pour la démocratie. Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte symbolique, alors que le Parlement remettait le Prix Roger Dehaybe à Simon Gronowski, survivant de la Shoah.