Ben & Jerry’s, Unilever et la fin d’un mariage sous tension
L’accusation lancée par Ben & Jerry’s contre Unilever, soupçonné d’avoir écarté son directeur général pour des raisons politiques, dépasse de loin une simple querelle interne. Elle révèle la crise profonde d’un modèle singulier, né lors du rachat de la marque de glace en 2000, qui promettait de concilier intégration capitalistique et autonomie militante. Au moment même où Unilever accélère sa mue stratégique, en se recentrant sur ses activités les plus rentables et en discutant d’une possible séparation de sa branche alimentaire, ce conflit apparaît comme le symptôme d’une rupture plus large : celle entre l’ADN engagé d’une marque iconique et la logique de rationalisation d’un grand groupe mondial.