Clash entre Dillies et Khattabi sur les dépenses bruxelloises
Interpellé par Zakia Khattabi sur le maintien des indemnités de logement et de domesticité des ministres bruxellois, Boris Dilliès a sèchement refusé de céder. Mais le ministre-président ne s’est pas arrêté là : il a contre-attaqué en visant directement Ecolo, accusé d’avoir longtemps fermé les yeux sur “de grands abus”, des “dépenses folles” et des subsides accordés “aux bonnes associations”.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
— Boris Dilliès a refusé de renoncer aux indemnités de logement et de domesticité des ministres bruxellois.
— Le ministre-président dénonce une “démagogie” d’Ecolo et assume de ne pas vouloir “montrer l’exemple” sur ce terrain.
— Le maintien de ces avantages relance la controverse sur les privilèges politiques en pleine austérité budgétaire.
Le ton est brutal, presque méprisant, et il dit beaucoup du climat politique bruxellois. Mis en cause par Zakia Khattabi sur le maintien des indemnités de logement et de domesticité des ministres, Boris Dilliès n’a pas seulement rejeté la critique. Il a transformé l’échange en attaque frontale contre Ecolo.
La députée écologiste dénonçait le caractère "indécent" d’un tel privilège au moment même où l’exécutif demande des efforts aux associations et à l’administration. En réponse, le ministre-président a d’abord coupé court : "On ne va pas rentrer dans ce débat." Puis il a choisi d’ouvrir un autre front, beaucoup plus politique.
Selon lui, Ecolo serait mal placé pour distribuer les certificats de vertu budgétaire. Dilliès accuse en effet le parti d’avoir été très longtemps silencieux sur "de grands abus" et sur des "dépenses folles", avant d’aller plus loin encore en évoquant de l’argent mis "aux bons endroits auprès des bonnes associations". Une formule lourde de sous-entendus, qui renvoie directement aux procès récurrents faits à la galaxie associative subventionnée à Bruxelles.
Du privilège ministériel au procès politique d’Ecolo
Ce qui se jouait au départ comme une polémique classique sur les avantages accordés aux ministres a ainsi viré à l’affrontement idéologique sur l’usage de l’argent public. Khattabi tentait d’installer l’idée d’un gouvernement qui impose l’austérité aux autres tout en préservant ses propres facilités. Dilliès, lui, a refusé de se laisser enfermer dans cette image et a retourné l’arme contre son accusatrice.
Son message est limpide : avant de dénoncer les 1.650 euros mensuels d’indemnités ministérielles, Ecolo devrait répondre d’un système de dépenses qu’il juge, lui, bien plus discutable politiquement et bien plus coûteux pour les finances publiques.
La riposte n’est pas anodine. Elle montre que, dans le Bruxelles budgétairement exsangue de 2026, la bataille ne se joue plus seulement sur les chiffres, mais sur la légitimité même à parler d’exemplarité. Chacun tente de faire passer l’autre pour le véritable visage de l’indécence publique.
Une séquence révélatrice de la nouvelle ligne Dilliès
Boris Dilliès assume ici une stratégie de confrontation. Pas question de reculer sur les indemnités pour désamorcer la polémique. Pas question non plus de se réfugier dans une défense technocratique. Le ministre-président préfère politiser l’échange et présenter la charge d’Ecolo comme une leçon de morale venue d’un camp qui aurait lui-même couvert, selon lui, bien pire.
Cela donne une séquence très révélatrice : à Bruxelles, le débat sur les économies n’oppose plus seulement partisans et adversaires de la rigueur. Il oppose désormais des camps qui s’accusent mutuellement d’avoir capté, dévoyé ou instrumentalisé l’argent public.