Dans le Times, Agnès Poirier acte la faillite morale de la gauche française
Dans une chronique sévère publiée par le Times, la journaliste et essayiste Agnès Poirier décrit une gauche française qui, à force de compromis tactiques avec La France insoumise, aurait cessé de savoir ce qu’elle défend encore. De Nantes à Toulouse, de Paris à Strasbourg, elle voit s’installer une mécanique de renoncement où la clarté morale s’efface derrière les combinaisons électorales.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
- Dans une chronique publiée par The Times, Agnès Poirier dénonce les alliances locales nouées entre socialistes, écologistes et LFI malgré les ruptures de principe affichées ces dernières semaines.
- Elle y voit le symptôme d’une gauche qui remplace la clarté morale par des « fusions techniques » et disqualifie de plus en plus toute critique au nom de l’antifascisme.
- De Paris aux municipales, son texte décrit moins un désaccord électoral qu’un désenchantement profond face à une gauche qui, selon elle, a cessé de se remettre en cause.
La chronique d’Agnès Poirier a ceci d’intéressant qu’elle ne vient ni d’un camp hostile à la gauche par réflexe, ni d’un observateur lointain découvrant avec retard les convulsions de la vie politique française. Son texte, publié dans le Times, procède au contraire d’un désenchantement intérieur. C’est précisément ce qui lui donne sa force. Car ce qu’elle décrit n’est pas seulement une nouvelle séquence de tambouilles municipales, mais un dérèglement plus profond : la perte de boussole d’une gauche qui continue à se dire morale alors même qu’elle banalise ce qu’elle prétendait hier encore tenir pour inacceptable.
"The far-left’s antisemitism and its culture of political violence have this week been absorbed, and absolved, by the French left (...) What was once scandalous is now technical; what was disqualifying is now negotiable."
— Agnes C. Poirier (@AgnesCPoirier) March 20, 2026
My column in The Times.#Municipales2026 pic.twitter.com/TOLPWVqxxN
Son point de départ est simple. Il y a à peine quelques jours, socialistes et écologistes juraient rompre avec Jean-Luc Mélenchon et ses provocations à répétition. Puis, presque aussitôt, ville après ville, les mêmes se sont remis à composer avec LFI. Toulouse, Lyon, Grenoble, Brest, Nantes, Avignon : la liste dressée par Poirier dessine moins une série d’exceptions qu’un système. Ce qui était présenté comme une rupture de principe se dissout dans ce que certains responsables appellent déjà, avec cette langue froide des appareils qui en dit long sur l’époque, de simples « fusions techniques ».
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