David Lisnard double Bruno Retailleau à droite, selon un sondage et monte à 6% en quelques jours
Le maire de Cannes franchit pour la première fois la barre des 5% d’intentions de vote pour 2027. Un frémissement, peut-être plus, qui rebat les cartes d’une droite en quête de leader.
Publié par Loïc Cotteret
Résumé de l'article
David Lisnard grimpe à 6% d’intentions de vote pour 2027 (+2,5 points en deux semaines) et passe pour la première fois la barre des 5%. Dans l’hypothèse d’un premier tour éclaté, il devance Bruno Retailleau, Gabriel Attal et Éric Zemmour, même si l’écart reste fragile si loin du scrutin.
Les sondeurs aiment les frémissements. Celui-ci a de quoi retenir l’attention : David Lisnard culmine à 6%, soit 2,5 points de plus qu’à la fin septembre. Le maire de Cannes, candidat de Nouvelle Énergie, n’avait jamais atteint un tel niveau. Il se paie même le luxe de passer devant Bruno Retailleau, patron des Républicains, dans l’hypothèse d’un premier tour éclaté.
Sur X, le journaliste Clément Macchi a résumé l’étonnement général d’une question : se passe-t-il vraiment quelque chose ?
Un score modeste, un symbole fort
Six pour cent, ce n’est pas la Bastille. Mais en politique, la trajectoire compte autant que le chiffre. Lisnard grimpe vite, sans l’appui d’un grand appareil, et sans bénéficier de la lumière que procure un ministère. Il s’installe dans les têtes alors que la présidentielle paraît encore lointaine.
Le dépassement de Retailleau frappe davantage. Le sénateur de Vendée incarne l’autorité tranquille, il tient la maison LR. Se voir devancé par un élu local, libéral assumé, a des airs de camouflet. Gabriel Attal et Éric Zemmour, eux aussi, restent derrière dans ce sondage. Le trio d’habitués de l’éparpillement se retrouve bousculé par un outsider.
Le pari d’une ligne claire
Qu’est-ce qui séduit ? Lisnard cogne sur la dépense publique, réclame moins de normes et plus de liberté, avec une voix de tribun qui ne cherche pas à lisser son propos. Dans un paysage saturé de formules floues, ce tempo détonne. Il parle d’autonomie des communes, de fiscalité, d’État obèse. Les électeurs de droite fatigués des compromis y trouvent un refuge.
Son parcours de maire, ancré dans le concret, lui offre aussi un argument de crédibilité. Il peut brandir des résultats locaux plutôt que des promesses de tribune.
Prudence avant l’emballement
Reste à ne pas confondre photographie et film. Un sondage à plus de six mois du scrutin mesure surtout la notoriété et la curiosité. L’hypothèse éclatée, avec ses nombreux candidats, gonfle les petits scores et les rend volatils. Un bond de 2,5 points peut se dégonfler aussi vite qu’il est venu.
Pour Lisnard, l’enjeu consiste désormais à transformer l’essai : durer, financer sa campagne, convaincre les parrains. Pour Retailleau, la question se pose autrement. Faut-il s’inquiéter d’un rival qui lui grignote le terrain, ou y voir un simple accident statistique ? La réponse dira si la droite se cherche encore un chef, ou si elle vient d’en trouver un deuxième.