Jared Kushner – gendre et conseiller du président américain Donald Trump – a dévoilé au Forum économique mondial de Davos un projet américain ambitieux de reconstruction de la bande de Gaza ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas. Il ressemble au fameux Singapour sur Mediterrannée, promis par Donald Trump.
Kushner a présenté un « plan directeur » pour transformer Gaza en une région moderne baptisée New Gaza.
S’appuyant sur des visuels et des rendus architecturaux, il a décrit un avenir où la bande de Gaza deviendrait un centre économique tourné vers le tourisme, l’industrie et le commerce, avec des gratte-ciel, un nouveau port en eau profonde, un aéroport, des zones industrielles, des centres de données et des quartiers résidentiels modernes.
Condition sine qua non : la démilitarisation complète du Hamas
Selon cette vision, la reconstruction devrait débuter dans le sud, autour de Rafah, avant de s’étendre progressivement vers le nord jusqu’à Gaza-City. Kushner a expliqué que la mise en œuvre de ce plan dépendrait d’une démilitarisation complète du Hamas et des autres groupes armés : seules les zones où les armes seraient retirées pourraient être reconstruites.
Le plan, qui repose sur une série de zones de développement, prévoit plus de 100 000 logements, 75 centres de soins et infrastructures médicales, et la création d’emplois dans des secteurs variés. La somme requise, selon les promoteurs du projet, avoisinerait 25 milliards de dollars, dont une partie serait consacrée à l’énergie, aux services publics modernes et à la formation professionnelle, avec pour objectif la création de centaines de milliers d’emplois.
Administration palestinienne réformée
Kushner a également insisté sur l’importance d’un gouvernance technocratique et d’une administration palestinienne réformée pour superviser la reconstruction et la fourniture des services de base, une transition envisagée vers une Autorité internationale ou palestinienne de transition.
Ce plan s’inscrit dans un cadre plus large : la création du Board of Peace, lancé à Davos en présence de représentants d’une vingtaine de pays, dont plusieurs États arabes et partenaires internationaux. L’initiative, bien que soutenue par les États-Unis, a suscité des interrogations quant à sa relation avec les Nations unies et son rôle face aux institutions multilatérales existantes.
Jared Kushner a présenté ce projet comme un modèle pouvant être reproduit après d’autres conflits si la paix y est consolidée : « Si le Conseil de paix est fructueux à Gaza, nous pourrons montrer comment la mise en œuvre de la paix peut être réalisée », a-t-il déclaré.
A.G.