Défense : Theo Francken veut doubler l’industrie militaire belge d’ici cinq ans
Au salon international de la défense BEDEX, organisé à Brussels Expo, le ministre belge de la Défense Theo Francken affiche ses ambitions : doubler le nombre d’entreprises actives dans l’industrie militaire en Belgique d’ici cinq ans. Une stratégie assumée dans un contexte mondial de tensions croissantes. Le ministre confirme aussi que l’Arabie saoudite a sollicité une aide militaire belge, preuve que les équilibres géopolitiques évoluent rapidement.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Le ministre de la Défense Theo Francken veut doubler le nombre d’entreprises de défense en Belgique, passant de 80 à 160 d’ici cinq ans.
- L’objectif est de renforcer l’industrie militaire belge grâce à l’augmentation du budget de la Défense.
- Francken exige un retour économique pour la Belgique lorsque des contrats militaires sont signés.
- Le ministre confirme également que l’Arabie saoudite a demandé une aide militaire à la Belgique dans le contexte des tensions au Moyen-Orient.
Au salon international de la défense BEDEX, qui se tient du 12 au 14 mars à Brussels Expo, le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a affiché ses ambitions pour l’industrie militaire nationale. Objectif : doubler le nombre d’entreprises actives dans la défense en Belgique d’ici cinq ans. Une stratégie qu’il assume pleinement dans un contexte international marqué par le retour des tensions géopolitiques et la montée des dépenses militaires en Europe.
Une industrie de défense que la Belgique veut renforcer
Lors d’un échange informel organisé sur le salon avec Mark Rutte, aujourd’hui secrétaire général de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord, le ministre a fixé un cap clair pour le secteur. « Actuellement, nous avons environ 80 entreprises actives dans l’industrie de défense en Belgique. Dans cinq ans, je veux que ce chiffre double et atteigne 160 entreprises », a déclaré Theo Francken.
Selon lui, cette ambition est désormais réaliste grâce à l’augmentation du budget militaire.
« Nous disposons aujourd’hui d’un budget plus important pour la Défense, ce qui nous permet de conclure davantage de contrats et de soutenir davantage d’entreprises belges. » Le ministre souligne également l’évolution rapide des mentalités autour de l’industrie militaire. « Il y a cinq ans, investir dans la défense était souvent considéré comme non éthique. Aujourd’hui, la situation a complètement changé. »
Une exigence : un retour économique pour la Belgique
Theo Francken a toutefois averti que l’augmentation des investissements publics dans la défense devait bénéficier directement à l’économie belge. « Je ne suis pas le client le plus facile. Nous ne pouvons pas signer un contrat pour ensuite voir tous les emplois partir en France ou aux États-Unis. Il s’agit de l’argent du contribuable belge. Nous devons obtenir un retour économique pour notre pays. »
Cette logique s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne, un thème central de cette première édition du salon BEDEX, qui réunit des exposants venus du monde entier.
L’OTAN et l’autonomie européenne
Au côté de Mark Rutte, Theo Francken a également insisté sur l’importance de la coopération au sein de l’Alliance atlantique. « Nous combattons pour les mêmes valeurs. Cela ne dépend pas de la personne qui est président des États-Unis. » Dans le même temps, le ministre estime que l’Europe doit être capable d’assurer davantage sa propre sécurité. « Je ne veux pas devoir appeler Washington chaque fois que nous avons besoin d’aide. Les États-Unis ont aussi leurs propres problèmes. Mais si la situation devient vraiment compliquée, nous nous appellerons et nous nous aiderons. »
Une manière de défendre une approche pragmatique : renforcer la coopération transatlantique tout en développant l’autonomie stratégique européenne.
L’Arabie saoudite demande une aide militaire à la Belgique
Le contexte international s’est également invité dans les discussions autour du salon. Sur les ondes de Bel RTL, Theo Francken a confirmé que l’Arabie saoudite avait sollicité une aide militaire de la Belgique, après avoir été visée par des drones et missiles attribués à l’Iran.
Selon le ministre, l’attaché militaire saoudien en Belgique est actuellement en contact avec l’état-major belge afin d’examiner les modalités possibles d’un soutien. Aucun détail concret n’a toutefois été communiqué à ce stade.
Cette demande devra encore être examinée au niveau du gouvernement fédéral, alors que le conflit au Moyen-Orient continue de faire monter les tensions dans la région.
« Je suis le plus grand pacifiste de tous »
Face aux critiques récurrentes sur l’essor de l’industrie militaire, Theo Francken a voulu rappeler la finalité qu’il attribue à ces investissements.
« Je suis le plus grand pacifiste de tous », a-t-il lancé lors du salon BEDEX. « Mais pour préserver la paix, il faut être capable de se défendre. »