Elke Van den Brandt continue ses bêtises avec notre argent (carte blanche)
À travers l’explosion du nombre d’ASBL et la distribution massive de subsides, il décrit un écosystème associatif bruxellois de plus en plus homogène, où engagement militant et financement public tendent à se confondre. Carte blanche de Stéphane Gurbuz, président des jeunes MR de Bruxelles.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
— Bruxelles compte une ASBL pour 33 habitants, un chiffre sans équivalent en Belgique, qui interroge sur la nature réelle de cet écosystème
— Des millions d’euros de subsides publics alimentent des associations défendant des positions similaires, notamment en matière de mobilité
— Cette structuration progressive d’un réseau militant financé par la Région pose la question d’un déséquilibre dans la production du débat public
À Bruxelles, selon les chiffres récoltés par le député libéral Olivier Willocx, nous avons une ASBL pour 33 habitants, contre une pour 102 en Flandre et une pour 80 en Wallonie, et personne ne peut encore sérieusement prétendre que tout cela relève uniquement du dynamisme associatif, car on sait très bien aujourd’hui qu’une partie de ces structures fonctionne comme des réseaux de base politiques, organisés, financés et mobilisés pour peser dans le débat public. Le PS l’a compris depuis longtemps, mais il faut être honnête : Elke van den Brandt l’a, elle aussi, très très bien compris.
Ce mois-ci, une première tranche de subsides a été distribuée pour 735.000 euros à des associations comme Ateliers de la rue Voot, CyCLO, MolemBIKE, BRAL, CAWaB, Fietsersbond, Café Filtré, GRACQ, Pro Velo, Walk Brussels ou encore Heroes for Zero. Il convient de préciser que ce montant ne représente qu’un quart du total prévu, les trois autres quarts devant encore être distribués dans les mois à venir. On parle donc de plusieurs millions d’euros d’argent public injectés dans le même écosystème.
Un écosystème subventionné et idéologiquement homogène
Ce qui pose problème, ce n’est pas l’existence de ces associations, ni même le fait qu’elles défendent une vision engagée de la ville, mais le fait qu’elles défendent toutes, à des degrés divers, une ligne idéologique identique, centrée sur une approche radicale de la mobilité et une remise en cause systématique de la place de la voiture, tout en étant financées de manière répétée par les pouvoirs publics pour produire les arguments qui viendront ensuite justifier ces mêmes politiques.
Ce système devient encore plus difficile à défendre lorsque certaines de ces structures, comme BRAL, s’associent à d’autres organisations actives dans la qualité de l’air, le secteur des soins ou la défense des droits fondamentaux pour introduire des recours contre des décisions régionales, notamment sur le report de la LEZ. Cela crée une situation où la Région finance des associations qui attaquent juridiquement ses propres décisions, dans un contexte où l’efficacité de ces politiques est elle-même largement discutée. On donne littéralement le bâton pour se battre.
Du militantisme à l’influence institutionnalisée
Mais au-delà des montants et des mécanismes, ce qui dérange, c’est la nature des profils que l’on retrouve dans ces associations. Car il ne s’agit pas simplement de citoyens engagés mais très souvent d’anciens candidats écologistes non élus, de militants actifs ou de profils issus de cabinets et d’institutions proches de Groen, qui trouvent dans ces structures une forme de prolongement naturel de leur engagement politique, avec des moyens financiers publics à la clé.
Il devient alors difficile de ne pas voir dans ce système une forme de récompense indirecte, où des campagnes électorales infructueuses se transforment en positions d’influence au sein d’associations subventionnées, permettant de continuer à peser sur le débat public, à produire des études, à diffuser des chiffres et à occuper l’espace médiatique, sans passer par le filtre du suffrage.
Une fabrique d’opinion sous perfusion publique
C’est dans ce contexte qu’il faut aussi lire certaines affirmations largement relayées, comme celle selon laquelle une majorité de Bruxellois soutiendrait certaines mesures comme les dimanches sans voiture, alors que ces chiffres proviennent de collectifs engagés, fondés par des profils issus du monde militant et politique, et financés en partie par des subsides publics, ce qui transforme progressivement une opinion en vérité apparente.
Au fond, le problème n’est pas qu’il y ait des associations, ni même qu’elles soient engagées, le problème est que l’argent public soit utilisé pour structurer un écosystème militant homogène, composé d’acteurs qui se connaissent, se soutiennent et se renforcent mutuellement, tout en produisant les arguments qui légitiment les politiques mises en place.
Avec l’argent des Bruxellois, Elke Van den Brandt finance aujourd’hui le lobby qui justifie sa propre politique, et ce qui pourrait encore être perçu comme un dysfonctionnement devient, en réalité, un système parfaitement rodé.