Émeutes à Bruxelles : huit voitures Poppy vandalisées, dont deux incendiées, l'entreprise dénonce des pertes non assurées
Alors que la paralysie du métro lui avait permis de battre son record de trajets vendredi, Poppy a vu huit de ses véhicules vandalisés, dont deux incendiés. Sur LinkedIn, son directeur commercial dénonce des pertes supérieures aux recettes de cette journée historique et met en garde contre la fragilité économique de la mobilité partagée.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après les violences de vendredi, Poppy dénonce huit voitures vandalisées, dont deux incendiées. Son directeur commercial révèle des pertes non couvertes par les assurances.
Pour Poppy, vendredi aura été à la fois une journée record et une journée noire. L'entreprise belge de voitures partagées a enregistré un nombre inédit de trajets, porté par l'interruption du métro à Bruxelles et à Anvers. Mais, quelques heures plus tard, elle déplorait huit véhicules saccagés, dont deux entièrement incendiés.
Dans une publication sur LinkedIn, Grégory de Walque, directeur commercial de Poppy, raconte ce paradoxe : « Vendredi a été notre meilleur jour. Et notre pire. »
Selon lui, les dégâts ne sont pas le fait de simples manifestants, mais d'émeutiers. Il précise qu'il s'agit du deuxième épisode de ce type subi par l'entreprise depuis le début de l'année.
« Ils sont assurés » : une idée fausse, selon Poppy
Le dirigeant explique avoir passé une partie de son week-end à lire les commentaires publiés sous les vidéos des dégradations. Trois arguments, régulièrement avancés pour relativiser les destructions, ont particulièrement retenu son attention.
Le premier consiste à considérer qu'une voiture partagée n'appartient véritablement à personne. Grégory de Walque défend exactement l'inverse : un véhicule Poppy est utilisé des centaines de fois par an et constitue, selon lui, un bien collectif au service de ceux qui en ont besoin.
Il cite une enquête de Bruxelles Mobilité selon laquelle chaque voiture Poppy remplacerait 11,5 voitures particulières parmi ses utilisateurs réguliers.
Le deuxième argument concerne les assurances. Certains commentateurs supposent que les véhicules détruits seront simplement remboursés. « Nous ne sommes pas assurés. Pas pour cela », affirme le responsable commercial.
Selon lui, chaque véhicule détruit constitue donc une perte directe pour l'entreprise. Plus frappant encore, le coût des dégradations commises en une seule après-midi dépasserait l'ensemble des recettes engrangées lors de cette journée pourtant record.
Une entreprise qui n'a connu qu'une seule année bénéficiaire
Grégory de Walque conteste également l'idée selon laquelle une grande entreprise pourrait absorber sans difficulté la destruction de quelques voitures. Il révèle que Poppy n'a enregistré qu'une seule année bénéficiaire depuis sa création.
Les conséquences économiques dépasseraient ainsi la seule valeur des véhicules détruits. Chaque voiture retirée de la circulation représente une capacité de transport en moins pour les utilisateurs, mais aussi des ressources qui ne pourront être consacrées au renouvellement de la flotte, à l'amélioration du service ou à la modération des tarifs.
Le dirigeant propose une comparaison : celle d'un bijoutier découvrant sa boutique saccagée. À une différence près, souligne-t-il : la boutique de Poppy est constituée de 2.500 voitures stationnées dans les rues, exposées jour et nuit.
« Bruxelles a plus que jamais besoin des voitures partagées »
Le message de Poppy intervient alors que les perturbations des transports publics ont précisément démontré, selon l'entreprise, l'importance des solutions de mobilité alternatives.
D'un côté, la demande a atteint un sommet historique. De l'autre, les violences ont privé le service de plusieurs véhicules et provoqué des pertes que la direction affirme devoir supporter elle-même.
Grégory de Walque assure que ses équipes remettront les voitures en circulation, « grève ou pas grève », mais adresse une demande aux autorités bruxelloises : aider l'entreprise à protéger les véhicules mis à disposition du public.
L'épisode illustre une difficulté particulière de la mobilité partagée : contrairement à un commerce traditionnel, ses équipements doivent rester accessibles dans l'espace public, ce qui les expose directement aux dégradations.
Pour Poppy, le paradoxe est désormais manifeste : les journées où les Bruxellois ont le plus besoin de ses voitures peuvent aussi être celles où leur présence dans la rue les rend particulièrement vulnérables.