Émeutes à Liège : 107 arrestations, appel à un attentat devant une école par un jeune de 13 ans
Les émeutes à Liège ont entraîné 107 arrestations depuis le début des troubles, dont 53 mardi. Plusieurs policiers ont été blessés. Selon Willy Demeyer, un jeune de 13 ans aurait appelé à un attentat devant son école.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Liège retrouve le calme après une nouvelle journée de violences, des commerces vandalisés et plusieurs policiers blessés. Le bilan cumulé atteint 107 arrestations. Willy Demeyer évoque un jeune de 13 ans qui aurait appelé à un attentat devant son école. Il demande aux élèves de retourner en classe.
La police a procédé à 53 arrestations mardi 6 octobre à Liège, après une nouvelle journée de violences. Des casseurs ont vandalisé des commerces, endommagé des équipements publics et blessé plusieurs policiers. Les troubles ont continué jusqu’en soirée.
Mercredi matin, le calme avait regagné le centre-ville. Des habitants nettoyaient les déchets dans les rues. Des rubans de police délimitaient encore certains secteurs de la place Saint-Lambert.
Ces incidents surviennent après plusieurs jours de rassemblements scolaires. Les élèves évoquent notamment le coût des études, les abonnements de bus et leurs conditions d’enseignement. Les violences ont cependant pris une ampleur qui dépasse ces revendications.
Émeutes à Liège : commerces attaqués et tram interrompu
Les premières dégradations de mardi ont commencé vers 13h30 autour de la place Saint-Lambert. Des groupes ont vandalisé des commerces et allumé des feux. La police est intervenue à plusieurs reprises pour disperser la foule.
En soirée, une centaine d’émeutiers ont poursuivi les dégradations, selon la porte-parole de la police, Jadranka Lozina. Ils ont notamment attaqué Smartoys, Point Chaud et l’Inno. Des casseurs ont également brisé des fenêtres du palais de justice et détruit des abris de tram.
Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et une autopompe. La police fédérale et d’autres zones ont envoyé des renforts. Les perturbations ont affecté le tram toute la journée, avant l’arrêt de sa circulation à 20h30.
Le calme est revenu vers 21h, selon la police. Une vingtaine d’arrestations supplémentaires ont eu lieu en soirée. Le bilan de mardi atteint 53 interpellations, sans précision sur le nombre exact de policiers blessés.
Un jeune de 13 ans aurait appelé à un attentat
Invité mercredi matin sur Bel RTL, Willy Demeyer a annoncé 107 arrestations depuis le début des troubles. Ce bilan cumulé couvre plusieurs jours. Il ne correspond donc pas aux seules interpellations de mardi.
Le bourgmestre a révélé des faits préoccupants impliquant des enfants de 13 ans. Selon lui, l’un aurait appelé à un attentat devant son école dans une publication sur les réseaux sociaux. Un autre aurait détruit des caméras de surveillance.
Willy Demeyer affirme que la police adapte ses interventions lorsque des enfants participent aux rassemblements. « Nous ne chargeons pas les manifestations de la même manière lorsqu’il y a des enfants », a-t-il expliqué.
Leur âge ne les soustrait cependant pas aux procédures prévues lorsqu’ils commettent une infraction, rappelle le bourgmestre. « Il y a tolérance zéro, y compris vis-à-vis des jeunes, mais c’est la loi de la jeunesse qui s’appliquera. »
Demeyer demande le retour en classe
Dès mardi soir, le bourgmestre avait demandé aux élèves de reprendre le chemin de l’école. Il présente cet appel comme une mesure de sécurité. Son objectif affiché consiste à éviter que des élèves se retrouvent au milieu des casseurs.
Selon Willy Demeyer, ce retour doit aussi permettre à la police d’intervenir contre les auteurs de violences. Les autorités souhaitent poursuivre les échanges avec les élèves dans les établissements. Les directions ont reçu des consignes en ce sens.
Le bourgmestre reconnaît les inquiétudes exprimées par les jeunes, sans les confondre avec les dégradations. Il cite le minerval, les transports, les allocations familiales et l’état des écoles.
Selon lui, les contours du mouvement restent difficiles à cerner, notamment en raison des mobilisations sur les réseaux sociaux.