Émeutes en France : les évêques dénoncent une « violence mortifère »
Après les émeutes en France du 17 octobre, les évêques condamnent les violences et soutiennent les victimes. À Limoges, l’incendie de la mairie suscite des appels à la fraternité et à la réconciliation.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Les évêques de France soutiennent les blessés et les commerçants touchés par les émeutes du 17 octobre. Ils réclament l’arrêt des violences et l’écoute des revendications légitimes. Après l’incendie de la mairie de Limoges, l’évêque et le curé de la cathédrale appellent à préserver les liens entre habitants.
La présidence de la Conférence des évêques de France (CEF) condamne les émeutes en France. Elle apporte son soutien aux blessés et aux commerçants victimes des violences du samedi 17 octobre. Elle invite aussi les croyants à prier pour la paix.
À Limoges, l’incendie de l’hôtel de ville a profondément marqué les responsables catholiques locaux. Le campanile du bâtiment s’est effondré dans les flammes. Cette scène a rappelé à certains la chute de la flèche de Notre-Dame de Paris.
Émeutes en France, les évêques soutiennent les victimes
La présidence de la CEF a réagi lundi 19 octobre. Elle dénonce les attaques contre les forces de l’ordre, dont plusieurs membres ont subi des blessures. Elle évoque aussi les pillages de magasins et les dégradations d’équipements publics.
Les évêques condamnent également le saccage de bâtiments représentant les institutions de l’État. Ces scènes soulèvent, selon eux, des questions sur les causes profondes de la crise. Leur solidarité va aux personnes blessées et aux commerçants touchés.
Ils demandent à chacun de refuser « l’engrenage de cette violence mortifère ». « Notre pays mérite mieux que cela », ajoutent-ils. Leur appel associe le retour au calme à l’écoute des « justes revendications ».
La présidence souhaite que ces demandes trouvent une réponse. Elle défend le dialogue et le respect de la justice pour permettre le retour de la paix. Elle invite les croyants à prier pour que les troubles cessent.
À Limoges, préserver la fraternité après l’incendie
Ne laissons pas la violence nous voler notre espérance.
Dès la soirée du 17 octobre, l’évêque de Limoges, Benoît Aubert, avait exprimé sa « profonde tristesse » sur Facebook. Il se disait « bouleversé » par l’incendie d’un lieu appartenant à l’histoire de la ville et à la vie des habitants.
Après avoir salué les sapeurs-pompiers, il a assuré le maire, les élus et les agents municipaux du soutien de l’Église diocésaine. Il a également invité à prier le Christ pour vivre la fraternité et construire la paix.
Dimanche 18 octobre, le père François Renard a ouvert la messe avec gravité. Le curé de la cathédrale Saint-Étienne a évoqué la tristesse, la désolation, la colère et l’incompréhension. Il a invité les chrétiens à devenir des « artisans de la réconciliation » et des « semeurs de paix ».
Pour le prêtre, leur responsabilité consiste à éviter d’ajouter de la colère à la colère. Il appelle à tendre la main face à la haine et à faire renaître l’espérance lorsqu’elle vacille. La destruction des bâtiments ne doit pas emporter la fraternité, le respect et la confiance entre habitants.
Le père Renard rappelle que l’espérance chrétienne ne promet pas une vie sans épreuves. Il la rattache à la présence du Christ ressuscité, jusque dans la nuit. « Ne laissons pas la violence nous voler notre espérance », exhorte-t-il.