Ferghane Azihari : « Je ne comprends pas que les Frères musulmans continuent d'être autorisés sur le sol français »
Dans L’islam contre la modernité, l’essayiste français Ferghane Azihari propose une analyse sans concession des obstacles culturels et politiques qui, selon lui, freinent l’évolution de certaines sociétés musulmanes. Invité du podcast de Louis Sarkozy et interrogé par 21News pour son premier entretien à un média belge, il revient sur les thèses de son livre, devenu un succès de librairie, et alerte sur la progression d’une idéologie qu’il juge incompatible avec les principes libéraux et démocratiques.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
— Dans "L’islam contre la modernité", Ferghane Azihari explore les causes historiques et sociologiques des retards observés dans certaines sociétés musulmanes.
— L’essayiste alerte sur la progression d’une idéologie qu’il juge illibérale et sur ses effets dans les sociétés occidentales, notamment à l’école.
— Il appelle à une réponse politique et culturelle plus ferme face aux courants islamistes les plus radicaux.
Dans son nouveau livre, L’islam contre la modernité, l’essayiste issu lui-même d’une famille musulmane et chroniqueur dans différents médias français livre sa thèse contre les retards pris par certaines sociétés, dus au fait d’une idéologie qui empêche selon lui la modernité. Il a fait le tour des médias français pour présenter son ouvrage et livre ici son premier entretien à un média belge. Le livre est un énorme succès de librairie.
Nous avons rencontré Ferghane Azihari en exclusivité pour 21News pour un podcast mené par Louis Sarkozy disponible sur YouTube.
Ferghane Azihari est une des figures intellectuelles qui monte dans le paysage médiatique français. Souvent invité notamment par le service public français, il propose un discours qui est peu entendu ailleurs. Son discours est parfois assez décoiffant, il ne laisse pas indifférent et son livre est une invitation à creuser le sujet. L’auteur cherche à savoir, sans généraliser ni faire d’amalgames mais sur base d’une recherche sociologique ou historique, pourquoi certaines sociétés sont plus autoritaires, moins démocratiques, moins respectueuses de la condition féminine ou de certaines minorités ou moins créatives dans le domaine scientifique.
Une faiblesse des sociétés libérales face au défi islamiste
À la question de savoir s’il a peur physiquement pour ses prises de position publiques, il répond :
« Ce que je redoute davantage, c'est plutôt la désinvolture de nos sociétés parce que je pense que nos ennemis sont d'abord forts de nos faiblesses. Et si je devais exprimer une crainte, c'est plutôt celle-ci : le fait que nous soyons beaucoup moins courageux que nous ne devrions l'être. Je remarque que la France s'est montrée à l'égard de sa propre religion historique beaucoup plus intransigeante, beaucoup plus ferme qu'elle ne l'est aujourd'hui vis-à-vis d'une religion plus dangereuse.
Il faut quand même se souvenir que les institutions républicaines telles que nous les affectionnons aujourd'hui sont le fruit d'un combat anticlérical qui a été d'une violence qu'on a parfois oubliée : on est allé jusqu'à expulser des dizaines de milliers de religieuses et de religieux avec l'expulsion des congrégations, on est allé jusqu'à ficher des militaires qui assistaient à la messe, on a destitué des magistrats qui refusaient d'appliquer les lois anticléricales de l'époque.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui il y a une espèce de mollesse de nos sociétés libérales qui interroge, et c'est cela que je redoute plus qu'autre chose. Il est vrai que parfois le sujet est risqué, mais ce risque serait beaucoup plus faible si nous étions beaucoup plus forts et déterminés. »
L’école et la question de la radicalisation
Le jeune auteur est particulièrement préoccupé par la radicalisation qui se développe même au sein de l’école. Ainsi il signale :
« Aujourd'hui et depuis vingt ans, on a des rapports qui nous expliquent que les Juifs ne peuvent plus être scolarisés n'importe où en raison de la multiplication de quartiers islamisés. Le rapport Obin de 2004 nous enseigne que plus de la moitié du corps professoral est régulièrement amené à s'autocensurer par peur de conflits résultant de la confrontation avec les convictions religieuses de certains élèves, et en particulier des élèves de confession musulmane.
Quand on voit par exemple qu'on est amené à déscolariser une gamine, la jeune Mila, dans un grand pays comme le nôtre, cette jeune adolescente qui parle certes un peu crûment d'une religion mais qu'elle a le droit de critiquer, évidemment, et qu'on n'est pas capable de la protéger, donc qu'il faut la faire sortir du système scolaire, c'est une véritable défaite pour les institutions républicaines que de devoir exfiltrer la victime tandis que les bourreaux continuent de prospérer.
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