Géraldine Woessner : Une audition sur le service public qui a marqué les esprits
Invitée à s’exprimer devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, la journaliste du Point Géraldine Woessner a livré une analyse structurée et préoccupée des dérives de l’information scientifique, en particulier sur les antennes publiques. Au cœur de son intervention, une idée forte : un glissement progressif vers des formats où la logique du scandale tend à prendre le pas sur l’exigence de vérité.
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
Résumé de l'article
— Géraldine Woessner dénonce un glissement vers des formats sensationnalistes dans les médias publics
— Elle pointe des biais méthodologiques et une confusion entre science et opinion
— Elle appelle à un retour à une information rigoureuse fondée sur des expertises reconnues
Pour comprendre ce phénomène, la journaliste remonte à la transformation du paysage audiovisuel au tournant des années 2005-2010, avec l’arrivée de la TNT et la mise en concurrence accrue des chaînes. Cette évolution aurait profondément modifié les promesses éditoriales. Là où dominaient autrefois les enquêtes et le décryptage, se seraient imposées des logiques de révélation et de scandale, en ce compris et surtout sur les chaînes publiques.
Je suis intervenue, aujourd'hui, devant la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public, sur un thème qui me tient particulièrement à coeur : la désinformation scientifique.
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) March 26, 2026
Merci aux parlementaires, @JPatrierLeitus et @CHAlloncle, de m'avoir donné l'opportunité de décrire ce… pic.twitter.com/TnpXH5DqNv
Or, souligne-t-elle, une démocratie comme la France ne produit pas mécaniquement un scandale par semaine. Dès lors, la tentation est grande de forcer le trait, de dramatiser, voire de construire des récits à partir d’éléments fragiles. C’est dans ce contexte qu’émerge ce qu’elle décrit comme un « package scandale », un modèle narratif prêt à l’emploi qui alimente désormais certaines productions.
Un schéma narratif récurrent
Ce mécanisme repose selon elle sur une combinaison bien identifiée. Il met en scène des situations humaines fortes, souvent incarnées par des victimes, auxquelles s’ajoute la figure du lanceur d’alerte, présentée comme isolée mais courageuse. À cela vient se greffer une étude scientifique fragile ou marginale, qui donne au récit un vernis de crédibilité.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter