Avocat spécialisé en droit du travail collectif et individuel au cabinet Littler, Herman Craeninckx (photo) accompagne depuis des années des entreprises confrontées à des restructurations lourdes, à des conflits sociaux complexes et à des négociations parmi les plus sensibles du paysage socio-économique belge. Très actif dans le monde entrepreneurial et social, il est notamment administrateur du Cercle de Mérode et de l’ASBL United Fund.
Aujourd’hui, Herman Craeninckx observe avec inquiétude l’impasse politique bruxelloise. À ses yeux, l’échec répété des tentatives de coalition ne relève ni d’un accident ni d’un seul parti, mais d’un système où le dogmatisme, les égos et l’absence de pression citoyenne ont progressivement remplacé la culture du compromis. Il plaide pour un sursaut, et pour une ouverture assumée à la société civile.
Entretien avec Herman Craeninckx
21News : Après dix-neuf mois sans gouvernement de plein exercice à Bruxelles, est-on encore face à une crise politique classique ou déjà à un dysfonctionnement démocratique ?
Herman Craeninckx : Honnêtement, je crois que notre vocabulaire n’est même plus adapté pour décrire ce que nous vivons. Ni le dictionnaire, ni notre langage politique habituel ne suffisent à qualifier une situation aussi surréaliste. C’est du jamais vu. Nous sommes face à quelque chose qui dépasse les catégories traditionnelles de la crise politique.
Cela montre une chose essentielle : la réalité dépasse toujours la fiction, l’histoire nous l’a démontré. Par exemple on a tous entendu par le passé que Donald Trump ne serait jamais élu, que le Brexit n’arriverait jamais, et pourtant… Nous avons tendance à croire que certaines situations sont figées, impossibles. Or la réalité démontre exactement l’inverse. Aujourd’hui, nous sommes arrivés — consciemment ou inconsciemment — dans une situation qui dérape, et qui continue de déraper.
21News : L’échec de la coalition dite Guinness est-il celui d’un homme, d’une méthode ou d’une arithmétique politique intenable dès le départ ?
H. C. : Je vais vous répondre d’une manière peut-être un peu différente. Pour moi, la question centrale n’est ni celle d’un homme ni celle d’un parti. Le vrai problème, c’est la hiérarchie des priorités. Et je le dis très clairement, former un nouveau gouvernement n’est pas une priorité, ni pour les responsables politiques, ni, malheureusement, pour les citoyens.
Abonnez-vous pour lire l'article en entier.
Apportez votre soutien à la rédaction de 21News en souscrivant à notre contenu premium.