La France fonce vers une crise budgétaire majeure : « On se retrouve aujourd’hui avec 3.500 milliards de dette »
Nicolas Dufourcq et Nicolas Baverez ont dressé un tableau budgétaire assez effrayant dans les colonnes de nos confrères du Figaro ce week-end.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
- Un nouvel avertissement sur l'état de la dette française. Il provient des économistes Nicolas Baverez et Nicolas Dufourcq.
- Le système de retraites, notamment, reste intenable.
Pour Nicolas Baverez, tout a commencé avec mai 68 : « Après Mai 68, s’impose l’idée que la société française a atteint un niveau d’égalitarisme devenu un plancher intangible : toute politique d’effort est dès lors jugée contraire à nos mœurs. La crise de 1974 survient aussitôt, imposant un premier « quoi qu’il en coûte ». S’ouvre alors un demi-siècle de multiplication des prestations sociales pour compenser les fragilités que révèlent la démocratie moderne et l’impact des crises géopolitiques plus fréquentes sur les comptes. Ceci conduit peu à peu à une dette massive car l’économie ne suit pas. On se retrouve aujourd’hui avec 3.500 milliards de dettes, dont près de 2.000 milliards de dettes sociales. »
" En France, l’irresponsabilité de nos dirigeants est totale "
Les chiffres de dette par habitant donnent le tournis. Ainsi pour Nicolas Baverez : « Au-delà des 3.500 milliards de dette publique, il faut ajouter 200 milliards de dettes européennes liées au Covid et à l’Ukraine, ainsi que 12.300 milliards d’engagements de retraite. Au total, chaque Français porte, au titre des finances publiques, des engagements à hauteur de 231.000 euros, soit six années de revenus. Si la dérive intellectuelle commence dans les années 1970, la véritable rupture est intervenue en 1981 avec des politiques ruineuses comme la retraite à 60 ans, la hausse de 10 % du SMIC et de 20 à 25 % des aides sociales. »
Et toujours pour Nicolas Baverez, le grand coupable de l’explosion de la dette reste le régime de retraite qui ne peut continuer ainsi : « Le système des retraites, contrairement à la santé, obéit à des déterminants simples et mécaniques. Il est entièrement déterminé par la démographie, la croissance, la productivité du travail. En 2025, pour la première fois depuis 1945, les décès ont été plus nombreux que les naissances ; la croissance plafonne à 1 % par an ; la productivité du travail stagne depuis dix ans. La faillite des retraites françaises est donc programmée. Avec 14,5 % du PIB, avant même la suspension de la réforme, nous tangentons la zone de risque, puisque la Grèce a fait défaut en consacrant 18 % du PIB aux retraites et l’Italie a été mise sous tutelle en approchant 16 % du PIB. Dans ces deux pays, l’ajustement a été brutal et durable : la Grèce a perdu le quart de son PIB et le chômage a explosé jusqu’à 30 % des actifs ; en Italie, le pouvoir d’achat a stagné pendant un quart de siècle. En France, l’irresponsabilité de nos dirigeants est totale : ils préparent méthodiquement un choc inévitable, qui provoquera une crise politique et sociale d’une rare violence. »