« La gauche morale, c'est le parti de l'illusion d'optique » : Vincent Trémolet de Villers dénonce le silence imposé à la « France du bon sens »
Dans son éditorial sur Europe 1, Vincent Trémolet de Villers dénonce la récupération des manifestations lycéennes par la gauche radicale et ses relais médiatiques. Selon lui, une minorité militante impose son récit au détriment d'une « majorité silencieuse » qui condamne les violences.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur Europe 1, Vincent Trémolet de Villers accuse la gauche radicale de monopoliser le récit des manifestations lycéennes et de marginaliser une majorité silencieuse.
« D'une toute petite partie de la jeunesse de France. » Ce vendredi matin, sur Europe 1, Vincent Trémolet de Villers n'a pas attendu longtemps pour contester la présentation du mouvement lycéen qui agite la France depuis plusieurs semaines.
"Contre le réel, la gauche décrète sa suprématie morale : elle considère qu’elle est la jeunesse, l’école, l’université, le journalisme, la culture, la justice, le progrès en marche qui pour elle est l’autre nom la démocratie. La souveraineté populaire, au fond, elle s’en fout." https://t.co/N2ASfpSmde
— Vincent Tremolet de Villers (@vtremolet) October 9, 2026
Alors que son interlocuteur évoquait une jeunesse mobilisée, l'éditorialiste du Figaro a immédiatement relativisé la représentativité des manifestants. Selon lui, une minorité particulièrement organisée parvient à occuper une place disproportionnée dans le débat public, avec le concours d'une partie des médias.
Pour illustrer son propos, il a établi un parallèle avec les rassemblements qui ont accompagné la visite du pape Léon XIV en France. Reprenant ironiquement une analyse de Patrick Cohen sur ces rassemblements catholiques, il estime que les mêmes arguments pourraient être appliqués aux manifestations lycéennes.
« Comme l'Église de France, la gauche est en perte de vitesse, mais elle reste sacrément bien organisée », lance-t-il, avant de qualifier les mobilisations actuelles de « journées mimétiques du gauchisme ».
« Une manipulation XXL »
Le cœur de sa critique porte sur ce qu'il considère comme la capacité de la gauche à imposer sa propre représentation de la société.
« Par un décret qu'elle a proclamé elle-même, la gauche française considère qu'elle est la justice, la justice sociale, qu'elle est l'école, qu'elle est l'enseignement supérieur, qu'elle est le journalisme, qu'elle est la culture », dénonce Vincent Trémolet de Villers.
À ses yeux, cette prétention à incarner le progrès et la démocratie permettrait à une minorité militante de se présenter comme la voix légitime de toute une génération. « La gauche morale, c'est le parti de l'illusion d'optique », résume-t-il.
L'éditorialiste accuse ensuite La France insoumise de profiter de la contestation pour étendre la mobilisation aux universités, avec l'appui de relais médiatiques et de personnalités du monde culturel.
Il met en garde contre une « manipulation XXL » qui conduirait, selon lui, à présenter une fraction de la jeunesse comme l'expression de l'ensemble des jeunes Français.
Une « majorité silencieuse » oubliée ?
Vincent Trémolet de Villers estime surtout que le traitement médiatique des événements néglige une autre partie de la population : les élèves qui souhaitent poursuivre leurs cours, les étudiants désireux d'étudier, les parents inquiets et les enseignants confrontés aux perturbations.
Il s'appuie sur un sondage Odoxa-Backbone évoqué dans Le Figaro, selon lequel une majorité des Français condamnerait les violences et soutiendrait les forces de l'ordre. Pour le journaliste, cette opinion serait insuffisamment représentée dans le débat public. Il dénonce ainsi une France « condamnée à subir sur les plateaux les gamins pleurnichards ou les militants gueulards », tandis que les préoccupations de ceux qui subissent les blocages resteraient au second plan.
L'éditorialiste critique également l'attitude du président de la République, auquel il reproche d'avoir cédé à la pression politique et médiatique en exprimant des regrets concernant l'action policière. « Les forces de l'ordre sont coupables, Mélenchon est lavé de tout péché. Ainsi soit-il », ironise-t-il.
« En France, tout finit toujours par des impôts »
L'éditorial s'achève sur les conséquences matérielles et financières de la contestation. Vincent Trémolet de Villers appelle à mesurer, une fois le mouvement terminé, le nombre d'heures de cours perdues, les dégâts occasionnés aux établissements et le coût des violences.
Il estime que la facture pourrait atteindre des centaines de millions d'euros, un montant qu'il avance sans en présenter le détail dans cette chronique. Et prévient que ce seront finalement les contribuables qui devront en supporter la charge.
« Ce sera le moment de la quête républicaine contrainte et forcée », conclut-il, avant de lancer une dernière formule : « Parce qu'en France, tout finit toujours par des impôts. »