La voiture électrique peine à convaincre les Belges
Malgré des années d’incitations et de discours politiques volontaristes, la voiture 100% électrique continue de susciter une méfiance marquée en Belgique. Selon le dernier baromètre de la mobilité d’Europ Assistance, seuls 38% des Belges envisagent d’y passer lors de leur prochain achat, un signal clair d’un marché loin d’être acquis.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
-La voiture électrique peine à convaincre : seuls 38% des Belges envisagent d’y passer, freinés par les coûts et les contraintes pratiques.
-Malgré les politiques publiques, la transition patine et la méfiance reste largement dominante.
-Plus globalement, le discours sur la mobilité durable semble s’essouffler.
Sommaire
L’enquête, réalisée en janvier auprès de 1.500 personnes, montre que près de deux tiers des répondants (62%) préfèrent encore se tourner vers des motorisations thermiques ou hybrides. En toile de fond, une réalité persistante : la transition électrique reste perçue comme coûteuse, complexe et peu adaptée au quotidien.
Près de trois quarts des personnes interrogées (74%) excluent d’acheter une voiture électrique de seconde main, principalement en raison des doutes entourant la durée de vie.
Le principal obstacle reste financier. Six Belges sur dix estiment que les pouvoirs publics n’en font pas assez pour soutenir l’achat de véhicules électriques. À cela s’ajoutent des coûts annexes jugés dissuasifs, comme l’installation d’une borne à domicile, citée par 71% des répondants. Autrement dit, au-delà du prix d’achat, c’est tout l’écosystème qui apparaît inaccessible pour une large partie de la population.
Les réticences sont encore plus marquées sur le marché de l’occasion. Près de trois quarts des personnes interrogées (74%) excluent d’acheter une voiture électrique de seconde main, principalement en raison des doutes entourant la durée de vie et la fiabilité des batteries. Un signal préoccupant pour un marché censé démocratiser l’électrique.
La Flandre un peu plus ouverte
Des disparités régionales persistent : les néerlandophones se montrent légèrement plus ouverts (42%) que les francophones (33%), sans pour autant inverser la tendance générale de prudence.
Dans les faits, la voiture – toutes motorisations confondues – reste le mode de transport dominant pour 85% des ménages belges. Quant aux alternatives dites “douces”, elles peinent à convaincre dans un environnement jugé peu sécurisé. Plus de la moitié des Belges (53%) estiment les infrastructures inadaptées, et seuls 11% se sentent réellement en sécurité en ville.
Plus globalement, le discours sur la mobilité durable semble s’essouffler. Pour la cinquième année consécutive, son importance recule dans l’opinion. Quatre Belges sur dix se disent désormais réfractaires aux politiques publiques en la matière, qu’il s’agisse de la fin du diesel ou de l’extension des pistes cyclables.
Au final, loin d’un basculement rapide vers l’électrique, le baromètre met en lumière une fracture croissante entre ambitions politiques et acceptation sociale. Pour une large partie des Belges, la voiture électrique reste moins une solution qu’un pari coûteux, encore loin d’être gagné.