« Le sionisme est un racisme » : les Verts britanniques rejettent un amendement destiné à protéger leurs membres juifs
Le Green Party d'Angleterre et du pays de Galles a adopté une motion qualifiant le sionisme de racisme et prônant un État palestinien unique. Plus controversé encore : ses membres ont rejeté un amendement précisant que les Juifs fréquentant des synagogues se définissant comme sionistes ne pourraient être sanctionnés pour cette affiliation.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Les Verts britanniques ont adopté par 1.022 voix contre 813 une motion affirmant que « le sionisme est un racisme ». Le congrès a également rejeté, par 1.026 voix contre 684, un amendement destiné à protéger explicitement les membres fréquentant des synagogues se définissant comme sionistes.
Deux votes, à quelques instants d'intervalle, ont plongé le Green Party of England and Wales dans une violente polémique. Réunis en congrès à Brighton, les militants écologistes britanniques ont d'abord adopté, par 1.022 voix contre 813, une motion intitulée « Zionism is Racism » — « Le sionisme est un racisme ».
Le parti fait désormais officiellement de l'antisionisme l'une de ses positions et défend l'établissement d'un État palestinien unique sur l'ensemble de la « Palestine historique ».
Mais c'est un autre scrutin qui suscite une inquiétude particulière au sein de la communauté juive britannique.
Une protection concernant les synagogues rejetée par 1.026 voix
Un amendement avait été déposé afin de préciser explicitement que la nouvelle doctrine ne pourrait servir à « faire pression sur un adhérent, le proscrire ou le sanctionner » en raison de son affiliation à une organisation juive se définissant comme sioniste.
Le texte citait notamment les synagogues, groupes de prière et centres communautaires. Les congressistes l'ont rejeté : 1.026 voix contre 684.
L'amendement prévoyait également qu'un membre juif ne puisse être sanctionné pour une opinion qui serait tolérée chez un adhérent non juif, notamment le soutien à une solution à deux États.
Ses adversaires ont soutenu que cette garantie était inutile puisque la motion sur le sionisme ne modifiait pas les procédures disciplinaires du parti. Le vote ne signifie donc pas qu'un adhérent sera automatiquement poursuivi parce qu'il fréquente une synagogue se définissant comme sioniste. Mais les militants ont bien refusé d'inscrire noir sur blanc la protection qui leur était proposée.
« Est-ce qu'on mesure la gravité ? »
Cette décision a provoqué de vives réactions. Simone Rodan-Benzaquen, directrice générale de l'American Jewish Committee Europe, estime que le parti a « franchi une ligne » et rappelle la charge historique particulière de la formule « le sionisme est un racisme ».
The Green Party of England and Wales has crossed a line: it has made antisemitism official party policy.
— Simone Rodan-Benzaquen (@srodan) October 4, 2026
Today in Brighton, members voted by 1,022 to 813 to declare that “Zionism is racism.” They also endorsed a single Palestinian state across all of historic Palestine,… https://t.co/hdgIX2neKI
En 1975, l'Assemblée générale des Nations unies avait elle-même adopté une résolution assimilant le sionisme à « une forme de racisme et de discrimination raciale ». Elle avait finalement abrogé cette résolution en 1991.
Plusieurs personnalités du Green Party s'étaient elles-mêmes opposées au texte. Quatre de ses cinq députés avaient exprimé leur désaccord, tandis que le dirigeant du parti, Zack Polanski, souhaitait notamment l'adoption de l'amendement protégeant les membres fréquentant des institutions juives sionistes. Le congrès en a décidé autrement.
En France, Sophia Aram a résumé sa réaction en une question : « Est-ce qu'on mesure la gravité de ce qui est en train de se passer outre-Manche ? »
Est-ce qu’on mesure la gravité de ce qui est en train de se passer outre-Manche ? https://t.co/62K4yDHTuF
— sophia aram (@SophiaAram) October 5, 2026
Une motion condamnée par Israël
L'adoption de la motion a également provoqué une réaction particulièrement vive en Israël. Le président Isaac Herzog l'a qualifiée de « honte » et de « disgrâce ».
גם 50 שנה אחרי, המילים של אבא שלי, חיים הרצוג ז״ל, מהדהדות בעוצמה מול כל מי שמפיץ את השקר המוחלט שציונות היא גזענות.
— יצחק הרצוג Isaac Herzog (@Isaac_Herzog) October 4, 2026
ההחלטה שאימצה היום המפלגה הירוקה הבריטית, הקובעת שציונות היא גזענות, היא בושה וחרפה.
הציונות היא תנועת השחרור הלאומית של העם היהודי, והיא עומדת בבסיס זכותו של… pic.twitter.com/m8oyeH2RJl
« Le sionisme est le mouvement national de libération du peuple juif et constitue le fondement du droit du peuple juif à un État et à un foyer national sur la Terre d'Israël », a-t-il écrit sur X.
Le ministère israélien des Affaires étrangères est allé plus loin encore, accusant les Verts britanniques d'être « devenus un organisme qui confère une légitimité au terrorisme ».
La polémique avait commencé avant même le scrutin. Trois organisations représentatives de la communauté juive britannique avaient averti que l'adoption du texte ferait des Verts « le premier parti politique britannique d'une importance électorale significative, de mémoire récente, à adopter ce qui semble être une plateforme politique ouvertement antisémite ».
Le dirigeant du Green Party, Zack Polanski, lui-même juif, avait de son côté déclaré sur la BBC que le « déplacement et le génocide du peuple palestinien » constituaient « clairement du racisme ». Il souhaitait néanmoins que la motion soit amendée, notamment pour protéger explicitement les membres du parti affiliés à des institutions juives se définissant comme sionistes.