Les contradictions de Mlle Thunberg (humeur)
L’ancienne égérie climatique de la jeunesse militante nous promettait, en 2023, un cataclysme si l’humanité persistait à consommer des hydrocarbures au rythme de l’époque. La voilà aujourd’hui qui vilipende Donald Trump, traité de « pédophile » sur les réseaux sociaux, parce qu’il couperait Cuba de son approvisionnement... en hydrocarbures.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
Greta Thunberg ne combat pas les hydrocarbures en tant que tels. Elle les tolère ou les condamne selon le camp qui s’en sert. Chez elle, l’énergie n’est pas une question de principe. C’est un instrument de morale sélective.
Sommaire
Le culte de la jeunesse est souvent le symptôme de sociétés totalitaires ou déboussolées. Parfois aussi celui de régimes qui cherchent des icônes plus que des penseurs. L’irruption fracassante de Greta Thunberg sur la scène mondiale n’avait donc, au fond, rien d’un miracle. Pour l’écologie radicale, tous les moyens sont bons dès lors qu’ils servent la cause. Et quoi de plus efficace qu’une jeune figure supposée pure, investie d’une autorité morale immédiate, pour culpabiliser les adultes et enrôler la génération montante ?
Ses parents, altermondialistes convaincus, ont, dit-on, largement accompagné la construction du personnage qu'on dit autiste Asperger. Mais le plus troublant n’est pas là. Le plus troublant est ailleurs : dans la dévotion avec laquelle une partie de l’élite mondiale a invité cette adolescente comme une quasi-cheffe d’État. Reçue par le pape François, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Jean-Claude Juncker et Justin Trudeau, puis propulsée sur les scènes de l’ONU et de Davos, Greta Thunberg a été traitée par une partie des élites occidentales comme une autorité morale mondiale.
Greta Thunberg in 2023: If we don't end fossil fuels, it will be a "death sentence."
— Daniel Turner (@DanielTurnerPTF) March 18, 2026
Greta Thunberg in 2026: President Trump must allow oil imports to Cuba.
I guess the "climate crisis" has negotiable deadlines. pic.twitter.com/EpHAKrdkei
Depuis, le personnage a glissé du climat vers l’agitation tous azimuts. Car dans le grand bain idéologique de notre époque, toutes les causes doivent fusionner. Le climat, l’antiracisme, le féminisme, l’anticapitalisme, la cause palestinienne : tout doit se tenir, même au prix des pires contorsions. Qu’importe si les liens sont artificiels. L’essentiel est d’entrer dans la grande religion intersectionnelle, celle qui désigne Israël comme l’incarnation du patriarcat occidental, du capitalisme dominateur et, pourquoi pas, d'écocide.
Hiérarchisation des indignations
D’où ces mises en scène grotesques, comme cette flottille pour Gaza à bord de laquelle certains militants occidentaux croient embarquer pour la justice universelle, en oubliant au passage que certains représentants de minorités sexuelles, débarqués des embarcations, n’y jouissent pas exactement d’un statut enviable. Un détail, sans doute, pour ceux qui hiérarchisent les indignations au gré de leurs obsessions.
Et voici maintenant Cuba. Greta Thunberg, qui annonçait hier presque la peine capitale climatique pour qui persistait à brûler du pétrole, s’indigne aujourd’hui que l’île communiste puisse en manquer. Pas un mot, en revanche, sur la nature du régime castriste, sur la répression des opposants, sur le bâillonnement de la presse, sur les libertés piétinées depuis des décennies.
Au fond, la contradiction n’est qu’apparente. Greta Thunberg ne combat pas les hydrocarbures en tant que tels. Elle les tolère ou les condamne selon le camp qui s’en sert. Chez elle, l’énergie n’est pas une question de principe. C’est un instrument de morale sélective. Tout au plus se permettrait-elle d'encourager le régime à développer davantage les énergies renouvelables…