« Les mots finissent par tuer » : quand Sylvain Tesson met en garde une certaine presse
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
À force de traiter l’adversaire de « fasciste », une partie de la presse finit par adopter ce qu’elle prétend combattre. En convoquant la mise en garde de François Mauriac sur la responsabilité des mots, Sylvain Tesson (photo), invité au Figaro TV, dénonce la dérive lourde d’un journalisme qui, par paresse morale et ivresse de l’anathème, remplace l’analyse par la désignation, et contribue à installer un climat de violence symbolique où l’insulte tient lieu de pensée.
Tesson évoque une intervention de Mauriac en 1944, lorsque l’écrivain catholique appelait les journalistes à s’interroger sur leur responsabilité pendant l’entre-deux-guerres. Les mots employés alors n’étaient pas anodins : selon Mauriac, une certaine presse avait contribué à installer un climat où la violence devenait possible, parce que le langage, répété, martelé, avait cessé d’être un outil de discernement pour devenir une arme.
« Il y a un moment où les mots finissent par tuer », rappelle Tesson non par métaphore, mais par la charge de l’effet cumulatif, par désignation progressive de coupables abstraits, réduits à de sordides étiquettes.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter