« Macron, sors de ce corps » : Alexandre Jardin se paie Édouard Philippe et sa réponse à Ceuta
Alexandre Jardin étrille la tribune d’Édouard Philippe sur l’immigration. Derrière « l’impuissance migratoire » et les « instruments européens », l’écrivain dénonce une langue d’énarque qui, à force d’administrer les problèmes, aurait fini par perdre de vue le réel.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Édouard Philippe veut tirer les leçons de Ceuta. Alexandre Jardin, lui, s’attaque à sa manière d’en parler : « prose énarque », foi dans les « instruments européens » et réflexes du « en même temps ». Pour l’écrivain, l’ancien Premier ministre reste prisonnier d’un langage politique qui ne saisit plus le réel.
« L’impuissance migratoire ». Alexandre Jardin s’est arrêté dès le titre. Dans une tribune publiée par Le Figaro, Édouard Philippe entend tirer les leçons de la crise de Ceuta et appelle la France et l’Europe à « refuser l’impuissance migratoire ».
L’ancien Premier ministre formule ensuite plusieurs propositions parfois substantielles : rapport de force avec les pays refusant de reprendre leurs ressortissants, remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968, sanctions contre les États instrumentalisant les migrations, « verrou Schengen » ou encore régime d’urgence permettant, dans certaines circonstances, de suspendre l’enregistrement de nouvelles demandes d’asile.
Mais c’est moins le fond que la langue dans laquelle l’ancien Premier ministre continue de penser l’action publique qui a fait bondir Alexandre Jardin.
« Tout énarque écrit en énarque dans le texte », attaque l’écrivain sur X, avant de soumettre la tribune à une réjouissante explication de texte. Sa première question paraît presque naïve : « “L’impuissance migratoire” dans le titre ça veut dire quoi en français ? Le sens réel. »
FASCINANT. Tout énarque écrit en énarque dans le texte et ose encore publier sa prose (sans soupçonner ce pensent les normaux sidérés par leur idiome) :
— Alexandre Jardin (@AlexandreJardin) August 12, 2026
1/ « l’impuissance migratoire » dans le titre ça veut dire quoi en français ? Le sens réel.
2/ «Je ne céderai à aucune des deux… pic.twitter.com/dUsq74IxHm
L’expression n’est évidemment pas dépourvue de sens : Édouard Philippe désigne l’impuissance des pouvoirs publics européens à maîtriser les flux migratoires. Mais le reproche de Jardin porte précisément ailleurs. Pourquoi ne plus nommer directement les choses lorsque l’on peut les transformer en concepts ?
Le débat avant le réel
Une phrase d’Édouard Philippe retient particulièrement l’attention de l’écrivain : « Je ne céderai à aucune des deux impasses qui minent le débat sur l’immigration. » Pour Jardin, tout est là.
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