Marc Uyttendaele : « Le PS bruxellois joue à l’apprenti-sorcier »
Publié par Nicolas de Pape
Pour le constitutionnaliste Marc Uyttendaele, les logiques électorales expliquent, arithmétiquement, les problèmes politiques que connaît la Région bruxelloise actuellement. Modifier le système de double majorité serait faire fi de la protection de la minorité flamande. Il se dit particulièrement inquiet de l’émergence de partis du type Team Ahidar. Les alliances entre PS et PTB ne sont pas encourageantes, mais il ne croit pas qu’elles puissent se répéter au niveau régional. Me Uyttendaele ne croit pas davantage à l’homme providentiel qui pourrait décanter la situation et sortir un gouvernement bruxellois du chapeau. Il faut cependant faire toute la lumière sur les « affaires » au CPAS d’Anderlecht.
21 News : On est dans l’impasse politique à Bruxelles. Est-ce dû à sa complexité constitutionnelle ? N’a-t-on pas été un peu trop créatif en mettant sur pied la Région bruxelloise ?
Marc Uyttendaele : Non. Ce n’est pas véritablement une impasse politique. Le caractère bruxellois renforce le problème naturellement. C’est dû à la Loi spéciale du 8 août 80 et la loi de 89 qui ne prévoient pas de dissolution à Bruxelles. Donc à partir du moment – et cela pourrait arriver également en Flandre et en Wallonie – où les résultats électoraux ne permettent pas un accord de majorité, il n’y a pas de plan B comme dans tout système parlementaire. Pas moyen de repasser par la case « élection ». C’est ça le vrai grand problème, en réalité.
« Des partis de gauche alimentent le repli communautariste, ce qui risque de briser le compromis social. »
21 News : À propos des doubles majorités flamande et francophone, est-ce envisageable de simplifier le système ?
M. U. : Non, malheureusement. Bruxelles est le produit d’un compromis fondamental qui n’a pas été aisé à trouver. Le Nord du pays ne voulait pas une Région bruxelloise à part entière. En échange, au niveau fédéral, le Conseil des ministres doit être paritaire (même s’il ne faut pas une double majorité au niveau fédéral, et donc à Bruxelles c’est encore plus compliqué). Mais il n’en demeure pas moins que les mesures de protection de la minorité flamande sont inhérentes au système politique bruxellois. Il n’y aurait pas la Région bruxelloise sans cela. Il y a un côté facile et démagogique de dire « on va faire comme si les Flamands n’existaient pas ». Si on n’exige plus la double majorité, c’est nier le compromis fondateur de la création de la Région.
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