Ministre-président bruxellois : qui sera la "surprise" promise par Georges-Louis Bouchez ?
Les négociations pour former une majorité à Bruxelles reprennent sur de nouvelles bases, dans un climat plus discret et structuré. Si le MR est appelé à décrocher le poste de ministre-président, plusieurs profils émergent déjà, entre figures expérimentées du parti, talents plus jeunes et éventuels outsiders.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
Les tractations pour constituer une majorité régionale bruxelloise avancent dans un cadre resserré et méthodique, perçu comme un dernier effort pour sortir de l’impasse politique. Le MR devrait hériter du poste de ministre-président, ce qui alimente les spéculations sur plusieurs profils : Bernard Quintin, diplomate chevronné et actuel ministre de l’Intérieur, Valentine Delwart, stratège du parti impliquée dans les négociations, Éléonore Simonet, ministre fédérale en vue, ou encore David Weytsman, figure locale solide et reconnue. Georges-Louis Bouchez entretient le suspense, évoquant une « surprise », tandis que quelques outsiders issus de la société civile ou du monde économique restent en embuscade.
Il ne faut pas vendre la peau de l’ours trop vite, mais cette fois, les négociations en vue de former une majorité à la région bruxelloise semblent aller dans le bon sens. Sept partenaires volontaristes, une discrétion qui constitue toujours un signal positif et une méthode – celle du conclave – qui pour être originale, démontre bien l’urgence de la situation. Cette tentative est peut-être la dernière, souffle une source bruxelloise. Et si trouver un accord ne sera pas aisé, on sait que le MR héritera du poste de ministre-président. Georges-Louis Bouchez a promis une « surprise », mais une liste de favoris se dégage…
- Bernard Quintin. Le ministre de l’Intérieur possède de nombreux atouts : sérieux, travailleur, sa longue expérience de diplomate l’aide à déminer les situations les plus tendues et les dossiers les plus complexes, ce dont on ne manque pas à l’Intérieur. Exemple ? La fusion des zones de police bruxelloises bouclée très rapidement, malgré l’opposition de nombreux bourgmestres de la région, qui n’ont pas dit leur dernier mot. À ce sujet, une réunion des mayeurs est prévue ce mercredi pour avancer une position commune… contre le projet de fusion. Mais revenons à Bernard Quintin. Autre atout, sa proximité par rapport à GLB et une certaine liberté d’action. Sa longue carrière de diplomate lui permet de prendre des risques professionnels. Et s’il venait à quitter l’Intérieur, les candidats potentiels ne manquent pas au MR, à commencer par Denis Ducarme.
- Georges-Louis Bouchez. C’est un secret de polichinelle. GLB aime Bruxelles, au point que les rumeurs qui évoquent un déménagement dans la capitale du président du MR (et de sa famille) semblent se confirmer de plus en plus. Ce qui pourrait, à terme, lui ouvrir les portes d’un poste ministériel bruxellois. « Les conditions pour devenir ministre du gouvernement bruxellois sont assez simples, il faut être belge et domicilié sur le territoire de la région », nous dit Christian Behrendt, constitutionnaliste et professeur à l’ULiège. Ce serait une énorme surprise. Mais en réalité, on voit mal le patron du MR se priver du rôle de président-chef d’orchestre qui le passionne pour affronter la quasi « Mission impossible » du redressement – notamment financier - de Bruxelles. N’oublions pas qu’il a refusé par le passé de « prendre » deux postes prestigieux comme ceux de Premier wallon et de ministre de l’Intérieur.
- Valentine Delwart. À chaque casting ministériel, son nom remonte à la surface. Mais l’éminence grise du MR, ex secrétaire générale du parti, a toujours refusé les postes ministériels que lui avaient proposé, par le passé, Charles Michel et Olivier Chastel. Mais cette fois, la situation est différente pour l’échevine uccloise. En tant que premier « sherpa » du MR sur les négociations à Bruxelles, elle est sans doute la libérale qui connaît le mieux le dossier. Et des proches nous disent que cette fois, elle serait peut-être tentée par un défi de ce genre. Une femme libérale à la tête de la région, ce serait un vent nouveau après les années Vervoort. Par ailleurs, l’élue est désormais libérée de l’épée de Damoclès qui pesait sur elle. Le parquet a classé sans suite le dossier relatif à des soupçons de dépassement du plafond de rémunération. Mais visiblement, Georges-Louis Bouchez a d’autres noms en tête. Selon nos confrères de la Libre, le président du MR a démenti que Valentine Delwart puisse devenir la prochaine ministre-présidente, annonçant que nous « serons surpris » par son choix. Est-ce à dire qu’il faut s’attendre à une candidature venue de la société civile ? N’allons pas trop vite en besogne, GLB est aussi passé maître dans l’art de brouiller les pistes.
- Eléonore Simonet. Un autre candidature féminine bien cotée, celle de la ministre fédérale des Classes moyennes et des PME. Simonet, c’est un nom qui parle aux Bruxellois et par ailleurs, c’est bien au parlement bruxellois que cette jeune juriste de formation a été élue et a siégé pendant quelques mois avant d’être désignée ministre au sein du gouvernement De Wever. Un an plus tard, malgré un léger déficit de visibilité, la ministre a lancé plusieurs chantiers visant à améliorer le statuts des indépendants et à faciliter la vie des PME, deux catégories extrêmement importantes pour le MR. Autre avantage, elle fait partie des premiers cercles autour du président, même si certains, au sein du parti, pensent qu’elle manque un peu d’expérience pour gérer une coalition de sept partis avec le socialiste Ahmed Laaouej. Une Simonet à la tête de la région aurait, par ailleurs, une portée symbolique pour le MR, puisque le père de la ministre, Jacques Simonet, a été l’un des derniers ministres-présidents libéraux de la capitale.
- David Weytsman. Une candidature solide, d’un élu qui connaît par cœur les rouages de la région bruxelloise et qui bénéficie d’un ancrage local fort. Président du très puissant CPAS de la Ville de Bruxelles, cet ingénieur s’est imposé comme un partenaire crédible et écouté par le partenaire socialiste. En très peu de temps, il a engagé des réformes importantes au CPAS tout en maintenant un cap budgétaire rigoureux. Et malgré des divergences de fond évidentes avec les socialistes, David Weytsman est parvenu a créé un axe fort avec le bourgmestre Philippe Close (PS). Cette connexion pourrait d’ailleurs être un atout dans la gestion de l’éventuelle future coalition.
- Les outsiders. D’autres noms reviennent aussi parmi les candidats possibles, mais pas du tout comme favori. Par exemple, le retour aux affaires bruxelloises de David Leisterh, qui a décidé de quitter la vie politique régionale en octobre dernier, semble improbable, comme l’éventuelle arrivée d’Hadja Lahbib, qu’on voit mal lâcher le poste de commissaire européen pour débarquer à Bruxelles. Enfin, Olivier Willocx pourrait être un outsider sérieux. Sa connaissance des chiffres et sa compréhension des enjeux budgétaires pourraient constituer aider l’ancien patron de BECI, qui a déjà réussi à s’imposer comme un député de premier plan au parlement bruxellois, où il est parvenu à tisser un réseau qui va bien au-delà du MR.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Deja abonne ? Se connecter