C’est un tournant que Bruxelles se gardait jusqu’ici d’assumer ouvertement. La Commission européenne a décidé d’assouplir l’interdiction de vendre des véhicules thermiques neufs à partir de 2035, l’un des piliers emblématiques du Pacte vert. Sans abandonner officiellement l’objectif climatique, l’exécutif européen introduit une série de « flexibilités » qui reviennent, de fait, à mettre fin au dogme du 100 % électrique, sous la pression combinée des industriels, de plusieurs États membres et des réalités du marché.
L’annonce formelle est tombée mardi, lorsque le vice-président exécutif de la Commission en charge de l’industrie, Stéphane Séjourné, a dévoilé les contours d’un compromis ardemment négocié ces derniers mois. Officiellement, il ne s’agit pas d’un renoncement, mais d’un « ajustement pragmatique ». Politiquement, le signal est clair : Bruxelles reconnaît que l’objectif voté en 2022 ne correspond plus à l’état réel de l’industrie automobile européenne.
De l’interdiction totale à un objectif de 90 %
La mesure phare du compromis consiste à remplacer l’exigence d’une réduction de 100 % des émissions de CO₂ des voitures neuves d’ici 2035 par un objectif abaissé à 90 %. Concrètement, les constructeurs pourraient continuer à produire une part limitée de véhicules à moteur thermique après cette date, à condition de compenser les émissions correspondantes.
Selon les informations du Financial Times cette marge représenterait environ 10 % des émissions de 2021. Les constructeurs pourraient y recourir en s’appuyant sur plusieurs leviers : l’utilisation d’acier vert, le recours à des carburants alternatifs, ou encore l’intégration de prolongateurs d’autonomie — de petits moteurs thermiques destinés à recharger les batteries — qui étaient initialement voués à disparaître.
Les hybrides rechargeables seraient également autorisés au-delà de 2035, mais avec un traitement moins favorable que les véhicules à prolongateur d’autonomie, jugés moins émetteurs. Les modalités exactes des mécanismes de compensation restent toutefois en discussion, tant sur leur calcul que sur leur contrôle.
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