À huit semaines du premier tour, le socialiste premier adjoint à la maire, Emmanuel Grégoire (photo de gauche), a donné le coup d’envoi de sa campagne parisienne par un meeting très construit, autant sur le fond que sur la tactique. Salle pleine, mise en scène maîtrisée, lexique soigneusement choisi : derrière l’apparente démonstration de force, le candidat socialiste avance surtout sur une ligne étroite, pris en tenaille entre une droite qui progresse et une gauche radicale dont il doit appâter les voix surtout sans jamais l’affronter frontalement. D’où le choix rhétorique assumé de durcir le discours contre Rachida Dati (photo de droite), et recycler sans relâche l’accusation de « fascisation » de la ministre de la Culture — l’insulte pavlovienne dont la gauche ne se lasse pas.
Le décor du premier meeting n’était pas anodin. À la Bellevilloise, lieu symbolique de l’Est parisien, Emmanuel Grégoire a voulu montrer que la gauche dite de gouvernement restait capable de mobiliser un électorat. Le candidat a insisté sur l’idée d’union, de compétence, de continuité municipale, tout en promettant « d’aller plus loin » dans les politiques menées sous Anne Hidalgo, par beaucoup contestées, tels que la piétonnisation, la réduction de la place de la voiture ou les aménagements écologiques.
Mais ce socle programmatique n’était qu’un arrière-plan. Le cœur du message était d’imposer un face-à-face exclusif avec la droite, et marginaliser tout le reste du jeu politique. À ce titre, la construction d’un adversaire principal est constitutive de la méthode. Et c’est là que la rhétorique prend le relais de l’argument.
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