« Ne jouons pas avec le feu » : Bouchez lance un appel aux syndicats après les violences à Liège
Après les violences à Liège, Georges-Louis Bouchez demande aux syndicats de reporter la manifestation de ce vendredi 9 octobre à Bruxelles. Il propose de la remplacer par des rencontres avec la majorité pour discuter des mesures budgétaires.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Bouchez juge « totalement déraisonnable » d'imaginer une manifestation dans des « conditions apaisées » ce vendredi.
- Il demande un report de quelques jours afin de permettre aux autorités de « neutraliser ces casseurs ».
- Le président du MR propose de remplacer la manifestation par des rencontres entre syndicats et responsables politiques autour des budgets.
Après les violents incidents qui ont secoué Liège ces derniers jours, Georges-Louis Bouchez lance un appel aux organisations syndicales. Le président du MR leur demande de reporter la manifestation prévue ce vendredi 9 octobre à Bruxelles de quelques jours, estimant que le contexte actuel fait peser un risque trop important de nouveaux débordements.
« Après les faits graves auxquels nous avons pu assister, que ce soit à Liège ou à Charleroi, dans le cadre de la mobilisation de certains casseurs dans ces villes, il me paraît totalement déraisonnable de pouvoir croire que nous aurons une manifestation ce vendredi dans des conditions apaisées », affirme Georges-Louis Bouchez dans une vidéo diffusée ce jeudi.
« Permettre aux autorités de neutraliser ces casseurs »
Le libéral francophone demande dès lors explicitement aux syndicats de revoir leur calendrier.
« C'est la raison pour laquelle j'en appelle aux syndicats pour qu'ils puissent postposer leur manifestation de quelques jours pour permettre aux autorités de pouvoir neutraliser ces casseurs et bien faire comprendre que l'État de droit doit pouvoir s'appliquer. »
Georges-Louis Bouchez reconnaît les profondes divergences qui opposent actuellement les syndicats et la majorité fédérale, notamment sur les réformes socio-économiques et les mesures discutées dans le cadre du conclave budgétaire. Mais il estime qu'un terrain commun doit pouvoir être trouvé sur la condamnation des violences.
« Si nous avons des divergences importantes avec les syndicats, nous pouvons en tous les cas, et je l'espère, nous rejoindre sur le fait qu'il n'est pas question de pouvoir s'en prendre aux biens et encore moins aux personnes. »
Le président du MR insiste également sur la pression qui pèse sur les policiers après plusieurs journées particulièrement tendues.
« Il est totalement inutile de continuer à exposer nos forces de l'ordre à des pressions permanentes qui portent atteinte à leur intégrité physique. »
Remplacer la manifestation par une rencontre
Mais Georges-Louis Bouchez ne demande pas seulement un report. Il propose de transformer la journée du 9 octobre en journée de dialogue politique avec les organisations syndicales.
« C'est pourquoi je propose de remplacer cette journée du 9 octobre par des rencontres avec l'ensemble des syndicats de ce pays pour pouvoir évoquer ce qu'il y a sur la table aujourd'hui en ce qui concerne les budgets, que ce soit au niveau communautaire, régional, mais bien évidemment le budget fédéral. »
Cette proposition intervient alors que les négociations budgétaires fédérales sont dans une phase particulièrement délicate. Plusieurs pistes actuellement discutées au sein de la majorité suscitent l'opposition des syndicats.
Pour Bouchez, la contestation reste parfaitement légitime, mais elle doit pouvoir s'exercer sans créer les conditions favorables à de nouveaux affrontements.
« Si effectivement ces contestations sont tout à fait normales dans une démocratie et doivent pouvoir s'exprimer, nous avons aussi la responsabilité de ne pas jouer avec le feu et de ne pas continuer à agiter une violence latente qui s'exprime de plus en plus fréquemment. »
« Pensons à nos commerçants »
Le président du MR fait directement référence aux dégâts constatés à Liège.
« Pensons à nos commerçants, pensons aux travailleurs dans ce pays, pensons à nos concitoyens qui n'ont pas à avoir des biens publics ou des biens privés dégradés sous le coup de quelques agitateurs chauffés à blanc, comme on peut le voir régulièrement et pas plus tard qu'il y a quelques heures encore dans le centre de Liège. »
Il termine son intervention par un nouvel appel aux syndicats et, plus largement, aux différents acteurs de la mobilisation.
« J'en appelle donc à la responsabilité de chacune et chacun et j'ose espérer que le dialogue démocratique puisse l'emporter sur les violences, les dégradations et surtout sur la caricature et la manipulation qui, aujourd'hui, est à l'œuvre auprès de la jeunesse. »