Olivier de Wasseige (Les Engagés) : « La Wallonie doit créer sa filière de drones de défense »
Face aux nouvelles menaces technologiques et aux mutations de l’économie mondiale, le député wallon Olivier de Wasseige (Les Engagés) plaide pour un sursaut stratégique. Dans cette interview réalisée lors du salon de la Défense de Bruxelles (BEDEX) , l’ancien patron de l’UWE défend la création d’une filière wallonne du drone à vocation de défense.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Olivier de Wasseige propose de créer une véritable filière wallonne du drone, à la fois pour des raisons de sécurité et d’opportunité économique.
- Il appelle à une révolution administrative, dénonçant des procédures trop lentes face à des technologies qui évoluent en quelques semaines.
- L’ancien patron de l’UWE estime que la Wallonie doit devenir encore plus « pro-entreprises » pour rester compétitive.
- Il défend le maintien d’acteurs stratégiques comme la FN Herstal et la SONACA dans le giron public, au nom de la souveraineté industrielle.
21News : Olivier de Wasseige, bonjour, vous portez une résolution au Parlement wallon pour développer une filière de drones militaires. Pourquoi est-ce devenu stratégique pour la Wallonie ?
Olivier de Wasseige : C’est avant tout une question de sécurité stratégique pour l’Europe. Nous devons être capables d'identifier, de repérer et de neutraliser les drones ; c’est la priorité numéro un, le « counter-drone ». La seconde priorité est d’avoir une offre de riposte. Depuis l'invasion de l'Ukraine, on voit que l'usage intensif des drones (reconnaissance, attaque) a pris une importance capitale dans la guerre moderne. Chez nous, sans parler de guerre, les récents survols de drones doivent nous interpeller sur les risques de nuisance économique. Si l'on attaque nos réservoirs d'eau, nos centres logistiques ou notre réseau électrique, des quartiers entiers se retrouveraient dans le noir. Nous devons nous protéger contre ces tentatives d'intimidation.
Si l’on attaque nos infrastructures, des quartiers entiers pourraient se retrouver dans le noir. Nous devons nous protéger.
21News : Face à cette initiative, le PTB vous acuse de vouloir dépenser de l'argent inutilement. Que leur répondez-vous ?
Olivier de Wasseige : Je leur réponds par la citation latine : « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre). Je ne comprendrais pas qu'un jour, après une attaque, on nous reproche de n'avoir rien fait. C'est un peu comme pour les inondations : on nous a reproché un manque de préparation, alors aujourd'hui nous agissons pour être prêts. L'OCDE montre d'ailleurs que l'augmentation des dépenses militaires s'accompagne de l'implantation d'industries locales fortes.
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