Pfeijffer à Piketty : « Nous ne devons pas avoir peur de devenir un peu plus pauvres »
Dans un interminable entretien publié par De Morgen, Thomas Piketty expose son projet de redistribution planétaire : taxation des fortunes jusqu’à 20 %, impôt sur les revenus atteignant 90 %, croissance arrêtée dans les pays riches et transferts massifs vers le Sud.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
Thomas Piketty propose une vaste redistribution mondiale fondée sur l’arrêt de la croissance dans les pays riches, une fiscalité pouvant atteindre 90 % et des transferts massifs vers le Sud. Son projet, présenté comme calculé et démocratique, ressemble pourtant à une planification mondiale qui sous-estime les comportements humains, les risques bureaucratiques et les effets de l’intelligence artificielle. Derrière le vocabulaire de la « suffisance », il demande surtout aux classes moyennes occidentales d’accepter leur appauvrissement au nom d’une utopie conçue par des intellectuels à l’abri du besoin.
Mais c’est une petite phrase de son interlocuteur Ilja Leonard Pfeijffer qui résume le mieux l’indécence de cette conversation entre privilégiés : devenir plus pauvre ne serait finalement pas si grave, puisque la pauvreté ne rendrait pas malheureux.
Pas d'inquiétude si votre revenu diminue
Il fallait oser. Depuis les hauteurs confortables de l’intelligentsia européenne, Ilja Leonard Pfeijffer, écrivain reconnu chargé d’interroger Thomas Piketty pour De Morgen au cœur de Saint-Germain-des-Prés (Paris), livre cette découverte lumineuse : « Nous ne devons peut-être pas avoir peur de devenir un peu plus pauvres. Les gens ne deviennent pas tellement malheureux parce qu’ils sont pauvres - ou plutôt parce qu’ils ne sont pas riches - mais parce qu’ils sont plus pauvres que les autres. »
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