Pour Ahmed Laaouej, la N-VA organise la misère à Bruxelles avec la complicité du MR et des Engagés. Des propos qui font réagir
Le seul ministre socialiste encore en position dans un exécutif tire à vue sur le gouvernement fédéral, à savoir Ahmed Laaouej, déclare dans une interview au journal Le Soir : "La N-VA, avec la complicité du MR et des Engagés, organise la misère à Bruxelles." Des propos qui font réagir.
Publié par Rédaction
Le journal Le Soir a obtenu l’un des rares entretiens médiatiques du seul ministre socialiste au sein du gouvernement bruxellois. Homme courtois et politique expérimenté, Ahmed Laaouej a réussi à maintenir le PS au sein de l’exécutif bruxellois. Il y occupe aujourd’hui une position stratégique, au point que certains le décrivent comme le véritable chef du gouvernement. L'homme est courtois et intelligent et il pèse de tout son poids politique au sein du gouvernement bruxellois.
Le PS dispose par ailleurs de relais importants dans l’administration bruxelloise, fruit de plusieurs décennies de présence au pouvoir. Dans son entretien accordé au Soir, Ahmed Laaouej revient notamment sur le dossier du foyer anderlechtois et s’en prend vivement au gouvernement fédéral, en particulier à la N-VA, ainsi qu’à ses partenaires au sein du gouvernement bruxellois, le MR et Les Engagés.
Interrogé sur l’image du PS, notamment après le comportement de Lotti Mostefa au foyer anderlechtois, Ahmed Laaouej répond :
« L’image du PS, d’abord, elle est dépendante de la confiance qu’on a en nous pour défendre et être rempart contre les injustices sociales, contre les politiques d’austérité mises à d’autres niveaux de pouvoir.»
Il livre ensuite son analyse du gouvernement fédéral, avec des critiques particulièrement toniques : « Dans un contexte où le gouvernement fédéral et son incurie ont bouclé un budget produisant de la misère à Bruxelles. La N-VA qui supprime 1.000 places d’accueil (destinées aux demandeurs d’asile, NDLR), ça fait 44 millions de factures renvoyées vers Bruxelles. L’exclusion des chômeurs, ça fait je ne sais combien de centaines de millions, nous dit-on, à charge des CPAS, sans que les moyens suivent en termes de compensation. La N-VA, avec la complicité du MR et des Engagés, organise la misère à Bruxelles. »
Ahmed Laaouej poursuit en critiquant ceux qui, selon lui, chercheraient à fragiliser le gouvernement bruxellois : « Je vois que certains essaient autant que faire se peut de savonner la planche du gouvernement, en ce compris certains présidents de partis vis-à-vis de leurs représentants. Je ne vise pas que Georges-Louis Bouchez, car quand Yvan Verougstraete explique que le gouvernement n’a aucun bilan, mais quelle insulte faite à Laurent Hublet.»
Des propos qui font réagir
Les déclarations du président du PS bruxellois n’ont pas tardé à susciter des réactions, notamment dans les rangs de la N-VA. Piet De Zaeger, le puissant directeur du centre d’études de la N-VA, réagit en ces termes :
« Le PS fait partie de tous les gouvernements de la Région bruxelloise depuis 1989. Résultat : la Région bruxelloise affiche le taux de pauvreté et d’exclusion sociale le plus élevé de Belgique. Mais apparemment, tout serait de la faute de la N-VA, qui n’a jamais fait partie de ce gouvernement régional bruxellois. »
De PS zat sinds 1989 in elke Brusselse gewestregering. Resultaat: het Brussels Gewest kent de hoogste armoede en sociale uitsluiting in België. Maar dat is blijkbaar allemaal de schuld van @de_NVA die nog nooit deel uitmaakte van die Brusselse gewestregering. 🤡🤡🤡 pic.twitter.com/WTY9jrBpSd
— Piet De Zaeger (@PietDeZaeger) October 10, 2026
Le député bruxellois Olivier Willocx lui estime que les propos d’Ahmed Laaouej témoignent d’une certaine contradiction : « Parler de complicité du MR dans l’organisation de la misère bruxelloise demande un certain aplomb quand on préside la fédération qui n’a pas quitté le pouvoir régional depuis 1989. Trente ans de majorités que le PS a composées, dirigées et verrouillées, avec Écolo comme partenaire de confort". Olivier Willocx poursuit en dressant, selon lui, un bilan particulièrement sévère de la gestion bruxelloise :
« Le bilan, le voici : un déficit abyssal, un chômage qui reste à un niveau que plus aucune région d’Europe occidentale n’accepterait, le taux d’emploi le plus faible du pays, un taux de pauvreté qui explose. Et à côté de cela, des structures empilées les unes sur les autres, des ASBL que plus personne ne sait énumérer, des postes pourvus par réseau plutôt que par compétence. Rendre la N-VA et le MR responsables de ce bilan-là, c’est soit de l’inconscience, soit une absence totale de lucidité. »