Première interdiction depuis 2012 : la marche Al-Qods stoppée à Londres par la police
Londres interdit pour la première fois depuis 2012 la marche annuelle d'Al-Qods, prévue ce dimanche 15 mars. Cette mesure exceptionnelle, validée par la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood sur demande du chef de la police métropolitaine Mark Rowley, vise à éviter des troubles publics majeurs dans un climat de fortes tensions régionales.
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Résumé de l'article
Londres : interdiction de la marche Al-Qods, défilé pro-iranien dans le centre-ville, pour faire face à un risque élevé, en raison d'appels contre Israël et de soutiens affichés à des groupes terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas.
Selon la Metropolitan Police et The Guardian, la ministre Shabana Mahmood a donné son accord au commissaire Mark Rowley pour interdire le défilé pro-iranien dans le centre-ville, ainsi que toute contre-manifestation associée. L'interdiction entre en vigueur dès 16 h ce mercredi 11 mars et s'étend sur un mois entier. Le commissaire adjoint Ade Adelekan, chargé de l'ordre public, souligne que ce recours, rare depuis 2012, répond à un seuil élevé de risques exceptionnels.
Lancée en 1979 par l'ayatollah Khomeini, la Journée d'Al-Qods se tient annuellement dans diverses capitales pour soutenir la cause palestinienne, mais suscite souvent des protestations en raison d'appels contre Israël et de soutiens affichés à des groupes terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas. À Londres, elle est pilotée par la Commission islamique des droits de l'homme, entité liée au régime de Téhéran. Les éditions passées ont entraîné des interpellations pour apologie de terrorisme ou des actes antisémites.
Les autorités pointent des dangers inédits liés à un afflux probable de participants et d'opposants, exacerbés par l'offensive israélo-américaine récente contre des infrastructures iraniennes à Téhéran, la répression sanglante de manifestations internes en Iran deux mois plus tôt et des attaques iraniennes contre des alliés britanniques.
Le MI5 et les services antiterroristes ont signalé avoir déjoué l'an dernier plus de vingt attentats financés par l'État iranien, dont quatre arrestations récentes pour espionnage de communautés juives et une agression mortelle liée à des divergences sur le régime.
Malgré une capacité habituelle à encadrer des centaines de rassemblements via des restrictions sur les trajets ou les horaires, la police juge ces outils insuffisants face à un contexte trop volatile. Les échanges avec les communautés juives, musulmanes et iraniennes se poursuivent pour apaiser les esprits. Toute participation ou incitation expose à des poursuites pénales.