Réforme de la 6e primaire : ce qui change pour le CEB et le passage en secondaire
La Fédération Wallonie-Bruxelles muscle sa 6e primaire. Accompagnement personnalisé renforcé, Test CLE dès la 4e et possibilité de maintien sans CEB : la réforme adoptée en commission entend garantir la maîtrise des savoirs de base avant l’entrée en secondaire.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
Le projet de décret relatif à la mise en œuvre du tronc commun en 6e primaire a été adopté en Commission Éducation. Il prévoit 320 équivalents temps plein supplémentaires pour renforcer l’accompagnement personnalisé en 3e, 4e et 6e primaires, ainsi que l’organisation d’un Test CLE (Calculer, Lire, Écrire) dès la 4e primaire pour détecter plus tôt les difficultés. Le rôle du jury d’école est maintenu dans l’octroi du CEB. En cas de non-obtention du certificat, un maintien exceptionnel en 6e primaire pourra être décidé. Pour la ministre Valérie Glatigny, l’objectif n’est pas de faire doubler, mais de garantir la maîtrise des apprentissages fondamentaux avant le secondaire.
La Commission Éducation du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté ce mardi le projet de décret relatif à la mise en œuvre du tronc commun en 6e primaire. Un texte qui s’accompagne de plusieurs mesures concrètes visant à renforcer les apprentissages de base et à mieux accompagner les élèves en difficulté avant leur entrée dans le secondaire.
Au cœur de la réforme : un investissement dans l’accompagnement personnalisé. Concrètement, 320 équivalents temps plein supplémentaires seront mobilisés en 3e, 4e et 6e primaires. L’objectif est clair : intervenir plus tôt, plus efficacement et de manière plus structurée lorsque des difficultés apparaissent, afin d’éviter qu’elles ne s’installent durablement et ne mènent, à terme, au décrochage scolaire.
Un test pour détecter plus tôt les difficultés
Autre nouveauté importante : l’organisation du Test CLE (Calculer, Lire, Écrire) dès le début de la 4e primaire. Ce test, non certificatif, se veut avant tout un outil de diagnostic. Il ne sanctionne pas, mais offre une photographie des acquis des élèves en calcul, lecture et écriture
L’ambition est d’identifier rapidement les lacunes éventuelles afin d’activer un accompagnement ciblé et adapté. Dans la logique du tronc commun, l’accent est donc mis sur la maîtrise des fondamentaux avant le passage en secondaire.
Le jury d’école maintenu au centre de la décision
Le décret précise également la procédure d’octroi du Certificat d’Études de Base (CEB). La décision reste ancrée au niveau de l’établissement. Un jury d’école, composé de la direction et des enseignants de 5e et 6e primaires, continue de statuer sur l’octroi du CEB.
Ce jury peut analyser la situation globale de l’élève : résultats au CEB, bulletins, bilans de synthèse et dispositifs d’accompagnement mis en place durant l’année scolaire. Le maintien de ce jury vise à reconnaître l’expertise pédagogique des équipes éducatives et à préserver leur autonomie dans les décisions.
Un maintien possible en 6e primaire
Le texte introduit également une possibilité qui suscite déjà le débat : si le CEB n’est pas octroyé, le jury pourra décider soit du passage en 1re secondaire, soit d’un maintien exceptionnel en 6e primaire.
Ce maintien ne serait envisagé qu’en dernier recours, lorsque, malgré les dispositifs d’accompagnement, l’élève ne dispose pas des acquis nécessaires pour poursuivre avec succès en secondaire. L’objectif affiché est d’éviter un passage automatique d’une année à l’autre sans réelle maîtrise des compétences de base.
La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), assume cette orientation. « Ma priorité est de garantir à chaque élève la maîtrise des apprentissages de base avant l’entrée en secondaire. Nous renforçons l’accompagnement personnalisé, nous détectons plus tôt les difficultés grâce au Test CLE, et nous faisons confiance aux équipes éducatives en maintenant le rôle central du jury d’école. Le maintien en 6e primaire reste possible, en dernier recours. Notre ambition n’est pas de “faire doubler”, mais de favoriser la réussite, et permettre une entrée dans le secondaire avec tous les acquis nécessaires pour poursuivre son parcours scolaire sereinement », conclut-elle.
Avec ce décret, la Fédération Wallonie-Bruxelles affirme donc sa volonté de consolider les bases avant le passage en secondaire. Reste à voir comment ces nouvelles mesures seront accueillies et mises en œuvre sur le terrain par les équipes éducatives