Silvia Monti, étoile fugace du cinéma italien et français, est morte à 80 ans
L’actrice italienne Silvia Monti est morte mardi à Lugano à l’âge de 80 ans, après plusieurs années de maladie. Restée célèbre pour son rôle de Sofia dans « Le Cerveau », face à Belmondo, Bourvil et David Niven, elle avait abandonné le cinéma en pleine jeunesse dès 1974.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Silvia Monti est décédée à 80 ans à Lugano. Partenaire de Belmondo, Bourvil et David Niven dans « Le Cerveau », l’actrice italienne avait abandonné le cinéma à seulement 28 ans.
Son visage reste indissociable de l'une des grandes comédies populaires françaises de la fin des années 1960. Silvia Monti, qui incarnait Sofia dans Le Cerveau de Gérard Oury, est décédée mardi à Lugano, en Suisse, à l'âge de 80 ans, selon l'agence italienne Ansa.
L'actrice souffrait depuis plusieurs années d'une grave maladie neurodégénérative. Son mari, l'homme d'affaires italien Carlo De Benedetti, se trouvait à ses côtés au moment de sa mort.
Née Silvia Cornacchia le 23 janvier 1946 à Bassano del Grappa, en Vénétie, elle avait quitté sa ville natale à 21 ans pour tenter sa chance au cinéma. Sous le nom de Silvia Monti, sa carrière allait être aussi rapide que remarquée : sa filmographie ne compte qu'une vingtaine de rôles, concentrés sur quelques années.
Face à Belmondo, Bourvil et David Niven
C'est la France qui lui apporte en 1969 son rôle le plus célèbre. Gérard Oury la choisit pour incarner Sofia Scannapieco dans Le Cerveau, immense succès populaire porté par une distribution exceptionnelle réunissant Jean-Paul Belmondo, Bourvil, David Niven et Eli Wallach.
Silvia Monti y interprète la sœur de Frankie Scannapieco, parrain sicilien incarné par Eli Wallach, et la jeune femme dont s'éprend le personnage joué par Belmondo.
Le succès du film lui offre une notoriété internationale et l'actrice enchaîne les tournages au début des années 1970. Elle travaille notamment avec Alberto Lattuada, Lucio Fulci et Luigi Bazzoni.
Elle apparaît en 1971 dans Le Corsaire noir et dans Le Venin de la peur, thriller de Lucio Fulci devenu avec le temps l'un des films emblématiques du réalisateur italien.
Elle abandonne le cinéma à seulement 28 ans
Mais Silvia Monti n'aura jamais cherché à prolonger indéfiniment cette carrière. En 1974, alors qu'elle n'a que 28 ans, elle apparaît aux côtés d'Alberto Sordi dans Tant qu'il y a de la guerre, il y a de l'espoir.
Ce sera son dernier film. Malgré le succès, l'actrice décide de quitter définitivement les plateaux et de se consacrer notamment à sa vie familiale. Contrairement à nombre de vedettes de sa génération, elle ne tentera pas de retour tardif devant les caméras.
Cette retraite précoce explique une filmographie étonnamment courte pour une actrice dont le visage demeure pourtant familier à plusieurs générations de spectateurs, notamment grâce aux nombreuses rediffusions du Cerveau.
La femme de Carlo De Benedetti
Après un premier mariage avec Luigi Donà dalle Rose, l'un des fondateurs de la station balnéaire sarde de Porto Rotondo, dont elle divorce en 1994, Silvia Monti épouse en 1997 Carlo De Benedetti.
Le nom de l'industriel italien est particulièrement connu en Belgique. Surnommé le « Condottiere », Carlo De Benedetti avait lancé en 1988 une spectaculaire tentative de prise de contrôle de la Société générale de Belgique, déclenchant l'une des plus célèbres batailles financières de l'histoire économique belge.
Silvia Monti avait depuis longtemps quitté la lumière des plateaux. Elle laisse derrière elle l'image d'une carrière inhabituellement brève mais suffisamment marquante pour que, plus d'un demi-siècle après son retrait du cinéma, son nom reste associé à celui de Belmondo et Bourvil et à l'un des grands succès populaires de Gérard Oury.