Un Britannique meurt dévoré par un tigre, et Trump en fait une vidéo humoristique à sa gloire
Trump a partagé sur Truth Social une vidéo générée par IA le montrant affrontant le tigre responsable de la mort de William Chapman, 23 ans. Le président américain avait auparavant diffusé les véritables images de l'attaque, malgré les appels à ne pas les partager. La famille de la victime dénonce la circulation de contenus profondément choquants.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Donald Trump diffuse les images d'une attaque mortelle de tigre, puis une vidéo IA le mettant en scène avec l'animal. La famille de William Chapman demande l'arrêt de ces publications.
Une tragédie transformée en spectacle sur les réseaux sociaux. Donald Trump a publié sur sa plateforme Truth Social une vidéo réalisée à l'aide de l'intelligence artificielle dans laquelle il se met en scène face à Altai, le tigre de Sibérie qui a mortellement attaqué William Chapman samedi 10 octobre, dans un parc animalier britannique.
La séquence de 23 secondes montre le président américain, vêtu d'un costume et d'une cravate, aux prises avec le fauve. Après avoir tenté de repousser ses coups de patte, Trump se relève, poursuit l'animal et le plaque au sol. La vidéo s'achève sur une accolade entre les deux protagonistes, le tout sur fond de la chanson The Lion Sleeps Tonight.
Une mise en scène fantaisiste qui reprend les images d'un drame bien réel, survenu seulement quelques jours auparavant.
Les véritables images de l'attaque également diffusées
La vidéo artificielle n'est pas la seule publication controversée du président américain. Mardi soir, Donald Trump avait déjà partagé les images authentiques de l'attaque mortelle, filmées par un témoin au Yorkshire Wildlife Park, près de Doncaster.
La séquence montre le tigre mordant et griffant William Chapman, qui s'était introduit dans son enclos. Elle ne montre pas le moment précis de sa mort. Le président avait accompagné sa publication de ce commentaire : « Ne vous mesurez jamais à la nature ! Président DJT ».
Quelques instants plus tard, il diffusait également un montage de différentes attaques de grands félins contre des êtres humains, comprenant notamment des images générées par intelligence artificielle.
Ces publications ont suscité des réactions critiques sur les réseaux sociaux. La police du South Yorkshire avait pourtant demandé au public de ne pas diffuser les images éprouvantes de l'attaque. La séquence authentique a également été relayée par un compte officiel de communication de la Maison-Blanche sur X.
Une famille endeuillée qui demande l'arrêt de ces publications
La controverse prend une dimension particulière à la lumière des déclarations de la famille de William Chapman. Dans un communiqué publié mardi, ses proches ont décrit le jeune homme comme une personne « brillante, chaleureuse et attachante », profondément aimée de sa famille.
Ils ont également révélé qu'il souffrait depuis plusieurs années de troubles psychiatriques importants et suivait un traitement médicamenteux. Les circonstances exactes qui l'ont conduit à pénétrer dans l'enclos restent à déterminer. Ses parents ont surtout dénoncé la diffusion de contenus liés à la mort de leur fils.
« La publication et la circulation de contenus médiatiques profondément offensants leur causent une détresse considérable à un moment de vulnérabilité exceptionnelle », indique leur communiqué, qui demande explicitement l'arrêt de ces partages. La famille n'a pas, dans cette déclaration, désigné personnellement Donald Trump.
Une tragédie devenue divertissement présidentiel
William Chapman avait été tué samedi après avoir franchi les barrières de sécurité du Yorkshire Wildlife Park et pénétré dans l'enclos d'Altai. Les autorités britanniques ont ouvert une enquête pour établir les circonstances du drame.
La diffusion des images par le président américain, puis leur détournement dans une vidéo humoristique où il s'attribue le rôle principal nous font nous demander ce qu'est la place accordée au respect des victimes dans la communication publique du chef de l'État américain.
Alors que les proches de William Chapman demandent que cessent les publications de vidéos de sa mort, le drame continue ainsi de circuler sur les réseaux sociaux, jusque sur les comptes du président des États-Unis.