Un ex-journaliste de la RTBF devant la justice pour viol et atteintes sexuelles présumés
L’ancien journaliste de la RTBF Thomas Rorive comparaît à partir du 11 février à Bruxelles. Six femmes l’accusent d’atteintes à l’intégrité sexuelle et, pour certaines, de viol. Il conteste l’ensemble des faits et invoque une cabale, tandis que l’instruction évoque un possible mode opératoire récurrent.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Le procès de l’ex-journaliste de la RTBF Thomas Rorive s’ouvre à Bruxelles autour d’accusations d’atteintes à l’intégrité sexuelle et de viol formulées par six femmes, sur une période de près de dix ans. L’enquête évoque un possible mode opératoire récurrent, des témoignages concordants et des éléments matériels saisis lors des perquisitions. Le prévenu conteste les faits, affirme que les relations étaient consenties et dénonce une concertation entre plaignantes. La justice devra désormais trancher dans ce dossier sensible, sous le principe de la présomption d’innocence.
L’affaire trouve son origine dans une soirée professionnelle organisée en octobre 2021 à Tour & Taxis. Une collègue accuse alors Thomas Rorive de gestes à caractère sexuel. Le journaliste conteste formellement, évoquant un malentendu et l’absence de témoins ou de preuves matérielles. Il est néanmoins licencié pour motif grave quelques jours plus tard.
Cette plainte fait ressurgir un dossier plus ancien, initialement classé sans suite. Une femme affirme avoir été violée en janvier 2021 alors qu’elle se trouvait dans un état de vulnérabilité lié à l’alcool et à la prise d’un antidépresseur. L’enquête, rouverte à la lumière de nouveaux éléments, s’inscrit désormais dans un dossier plus large.
Au total, six femmes accusent l’ancien journaliste de faits s’étendant sur près d’une décennie. Trois évoquent des viols. Certaines affaires sont prescrites, mais ont été intégrées pour éclairer le contexte et la chronologie des comportements reprochés.
Un modus operandi décrit par les enquêteurs
Selon les éléments rassemblés par l’instruction, plusieurs témoignages décrivent des situations similaires. Les plaignantes affirment avoir été invitées à boire de l’alcool avant que des gestes sexuels non consentis ne se produisent. Certaines évoquent également la suspicion de substances ajoutées dans leurs verres.
Des vidéos à caractère sexuel ont été retrouvées sur le matériel informatique du prévenu. Certaines montreraient des femmes filmées à leur insu ou en situation de détresse. Les enquêteurs mentionnent également l’existence d’un document listant plus d’une centaine de partenaires supposées.
Dans le dossier, la juge d’instruction estime que, si les faits étaient établis, ils pourraient traduire « un comportement de prédateur sexuel », mêlant violence et mépris pour l’intégrité des victimes.
Une défense fondée sur le consentement et la contestation des accusations
Thomas Rorive nie toute agression et soutient que les relations évoquées étaient consenties. Il se décrit comme « dragueur » et admet un comportement festif, parfois excessif, mais récuse toute violence sexuelle.
Il affirme que les accusations résulteraient d’une concertation entre certaines plaignantes et évoque une cabale menée par d’anciens collègues. Il souligne également n’avoir fait l’objet d’aucune plainte officielle durant plus de vingt ans de carrière.
Le procès doit désormais établir les responsabilités pénales dans un dossier sensible, emblématique des débats contemporains sur les violences sexuelles et les rapports de pouvoir dans les milieux professionnels. La présomption d’innocence demeure tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.