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Yvan Verougstraete jette l’éponge : le PS bruxellois seul responsable du chaos (Édito)

par Nicolas de Pape

Près de deux ans après les élections régionales, Bruxelles reste sans gouvernement de plein exercice. Une situation inédite, grave, et dangereuse pour la stabilité institutionnelle et économique de la Région. Face à ce blocage, certains tentent de désigner les libéraux flamands comme responsables. C’est faux. Le véritable nœud du problème porte un nom : le Parti socialiste.

Les faits sont pourtant clairs. Le MR est sorti vainqueur du scrutin côté francophone. Du côté néerlandophone, une majorité s’est formée — fait suffisamment rare pour être souligné — et s’est déclarée prête à gouverner. Pour la première fois dans l’histoire bruxelloise, une majorité flamande existait et tendait la main pour constituer un exécutif régional. Mais cette majorité a été purement et simplement ignorée.

Pourquoi le PS bruxellois refuse-t-il de respecter le choix des électeurs et celui de la majorité flamande ?

Pourquoi ? Parce que le PS a refusé d’entrer dans un gouvernement mené par le MR (le refus de la N-VA étant un prétexte). Non pas pour des raisons programmatiques sérieuses ou des désaccords institutionnels majeurs, mais par refus politique pur et simple d’accepter sa défaite électorale. En agissant ainsi, le PS a envoyé un signal inquiétant : le verdict des urnes n’est respecté que lorsqu’il lui est favorable.

La question est donc légitime : pourquoi le PS bruxellois refuse-t-il de respecter le choix des électeurs et celui de la majorité flamande ? Que vaut encore le principe démocratique si le premier parti francophone et une majorité néerlandophone peuvent être écartés au nom d’intérêts partisans ?

Depuis plus de vingt ans, le PS participe sans discontinuer au pouvoir bruxellois. Cette longévité aurait dû s’accompagner d’un sens accru des responsabilités. Or c’est l’inverse que l’on observe : un parti qui confond gouvernance et droit de veto permanent, qui préfère le blocage à l’alternance, et qui met en péril des équilibres institutionnels déjà extrêmement fragiles.

Car Bruxelles n’est pas une région comme les autres. Son fonctionnement repose sur un équilibre délicat entre communautés, sur le respect mutuel et sur la reconnaissance des majorités, qu’elles soient francophones ou flamandes. En refusant pour la première fois une majorité flamande pourtant constituée, le PS a franchi une ligne rouge. Il alimente la méfiance, affaiblit la coopération intercommunautaire et fragilise l’ensemble de l’édifice belge.

Pendant ce temps, Bruxelles s’enlise : finances publiques sous pression, insécurité persistante, crise du logement, défis économiques majeurs. Une région sans gouvernement de plein exercice est une région paralysée. Et cette paralysie a un responsable politique clair.

Le blocage bruxellois n’est pas le fruit d’une impossibilité institutionnelle, mais d’un refus idéologique du PS bruxellois d’accepter la démocratie quand elle ne lui sourit pas. Bruxelles mérite mieux que des calculs partisans.

(Photo Belga Éric Lalmand : le PS bruxellois et son président Ahmed Laaouej en conférence de presse, 29 janvier 2025)

Nicolas de Pape

Du même auteur : Médiacratie/La Fabrique des narratifs.

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