« 5 milliards de déficit ou 47 milliards ? » : Nicolas Doze dévoile l'autre facture des retraites françaises
Sur LCI, l'éditorialiste économique Nicolas Doze a mis en lumière le poids considérable des pensions des fonctionnaires dans les finances publiques françaises. Derrière les 5 milliards d'euros de déficit des retraites en 2025, il évoque 42 milliards de contributions supplémentaires de l'État, dont le traitement comptable fait débat.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Sur LCI, Nicolas Doze revient sur les contributions de l'État aux retraites des fonctionnaires et le débat autour de 42 milliards d'euros de financement public.
« Quelle est la vraie facture des retraites en France ? » Interrogé sur LCI, Nicolas Doze s'est penché sur un mécanisme budgétaire peu connu du grand public : les contributions particulièrement élevées que l'État verse, en tant qu'employeur, pour financer les pensions de ses anciens fonctionnaires.
S'appuyant sur les documents budgétaires, l'éditorialiste économique souligne l'écart entre le financement des retraites du secteur privé et celui des agents de l'État.
« C'est des chiffres connus, mais alors surtout on en parle le moins possible », lance-t-il, avant de détailler les conséquences de ce système sur les budgets ministériels.
🇫🇷💰 « 82 % contre 17 % » : l’État cotise presque cinq fois plus que le privé pour les retraites
— AlertesNewsFR (@AlertesNewsFR24) October 14, 2026
Sur LCI, Nicolas Doze met en lumière un chiffre rarement mis en avant. Dans la fonction publique, l’employeur verse jusqu’à 82 % de cotisations pour financer les pensions, contre… pic.twitter.com/6lW0S6FNwV
« 32 euros sur 100 » dans l'Éducation nationale
Le cas le plus frappant est celui de l'Éducation nationale. Selon les chiffres présentés par Nicolas Doze, les pensions de ses anciens agents représentent 32 % du budget total du ministère, soit environ 29 milliards d'euros.
« 32 euros sur 100 euros de budget, c'est uniquement pour payer les retraites des retraités de l'Éducation nationale », insiste-t-il.
Autrement dit, explique le chroniqueur, lorsqu'on évoque les quelque 61 milliards d'euros consacrés à l'enseignement, il faut également tenir compte de près de 29 milliards destinés aux pensions pour mesurer l'ensemble des dépenses associées au ministère.
L'Éducation nationale n'est pas un cas isolé. Selon les données évoquées à l'antenne, les pensions représentent en moyenne 13 % des budgets ministériels. Ce poids s'explique notamment par la démographie : Nicolas Doze rappelle que le secteur privé compte environ 1,5 actif pour un retraité, contre moins d'un actif pour un retraité dans la fonction publique d'État.
« À 47 milliards, ça passe plus »
Le cœur de sa démonstration porte sur les cotisations patronales versées par l'État. Alors qu'un employeur privé acquitte une contribution d'environ 17 % au titre des retraites, le taux applicable aux fonctionnaires civils de l'État atteint 82,28 % en 2026, contre 78,28 % en 2025. Pour les militaires, il est encore supérieur.
Dans son intervention, Nicolas Doze évoque un taux de 92 % pour les fonctionnaires civils, chiffre qui ne correspond toutefois pas au taux réglementaire actuellement en vigueur.
Cette différence de financement permet d'équilibrer le compte affecté aux pensions publiques. Mais elle soulève une question : quelle part de ces versements relève d'une cotisation employeur ordinaire, et quelle part constitue en réalité un financement supplémentaire destiné à combler le déséquilibre du régime ?
Selon la présentation défendue par Nicolas Doze, environ 42 milliards d'euros de contributions publiques pourraient être assimilés à une subvention d'équilibre en 2025. « C'est 5 milliards le trou des retraites 2025. Oui, mais si on mettait la subvention d'équilibre, ce serait 47 milliards », affirme-t-il.
Cette lecture ne correspond pas à la convention comptable retenue par le Conseil d'orientation des retraites, qui intègre les contributions de l'État employeur parmi les ressources du système. Elle ne signifie donc pas qu'un déficit officiel de 42 milliards aurait été dissimulé.
Le débat sur la présentation de ces sommes est néanmoins réel. Un rapport du Sénat souligne lui aussi que le système actuel ne distingue pas suffisamment les cotisations comparables à celles du secteur privé et les financements nécessaires à l'équilibre des pensions publiques.
Nicolas Doze reconnaît d'ailleurs que le déficit public global reste identique, quelle que soit la manière de présenter ces contributions. L'enjeu est celui de la lisibilité des comptes et de la compréhension du coût des retraites pour les contribuables.