Accueil » Manifestations en Iran : « Pahlavi reviendra » (carte blanche)

Manifestations en Iran : « Pahlavi reviendra » (carte blanche)

par Contribution Externe
Jean-Pierre PREVEL / AFP

En Iran, le peuple se soulève, une fois de plus. Les manifestations se multiplient à travers le pays et, dans les rues, la colère gronde. Mais cette fois-ci, la contestation a une autre couleur. Elle est née au cœur du grand Bazar de Téhéran, bastion réputé de la frange la plus conservatrice de la société, longtemps positionné comme pro-régime et farouchement opposée à tout changement politique susceptible d’affecter ses intérêts économiques. Si le prétexte avancé pour prendre la rue concerne l’effondrement économique, les slogans scandés, sans peur ni recul, expriment la fin du régime des Ayatollahs. La volonté nationale étant depuis plusieurs années un changement de régime, les manifestations rassemblent désormais toutes les couches de la société. Jeunes, étudiants, femmes et hommes rejoignent les commerçants pour scander vivement :

« Mort au dictateur » ; « Ni Gaza, ni Liban, je me sacrifie pour l’Iran » ; « L’iranien meurt mais n’accepte pas l’humiliation »

Mais surtout : « Ceci est notre dernière bataille, Pahlavi retournera » ; « Javid Shah » (vive le roi ou éternel soit le roi) ; « Reza Shah, paix à ton âme » (Reza Shah est le fondateur de la dynastie Pahlavi, qu’on voit sur la photo avec sa femme Farah Diba)

Les détracteurs du prince héritier Reza Pahlavi soulignent que, lors des manifestations de rue, les slogans ne lui seraient pas exclusivement dédiés. Or, il est d’usage d’y observer une double dynamique de rupture et de légitimation : d’un côté, des slogans contre le régime en place et, de l’autre, ceux en faveur d’une alternative politique. L’exclusivité des slogans n’est pas un critère d’évaluation de la légitimité d’un leader, d’autant plus que c’est le seul nom scandé. Présenter cet argument pour décrédibiliser le leader relève d’une malhonnêteté intellectuelle. 

Il est donc évident que la guerre du pouvoir est d’ores et déjà lancée. La gauche radicale, les Moudjahidines, la République islamique, ses réformateurs, ses sympathisants, et les opportunistes, tous contre Pahlavi. Pourtant, seul le monarque en exil possède le nécessaire pour mener la période de transition : un apprentissage de souverain, une légitimité solide, un plan détaillé pour reconstruire le pays, un soutien populaire, une crédibilité internationale. Les anti-Pahlavi ne peuvent s’appuyer que sur la manipulation de l’information. Cette même méthode utilisée contre le Shah d’Iran. Mais aujourd’hui, le peuple mieux informé que hier et fort d’outils technologiques s’est rassemblé autour de son leader pour renverser le régime et pour le « retour de Pahlavi ». Mes contacts en Iran me le confirment : ce sont les slogans entendus dans les rues, c’est la volonté de la majorité et le ressenti dans ces manifestations, non pas par nostalgie, mais par éclairage et raison.

Après la victoire de Khomeini, le Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, confiant de son règne bienveillant, déclara que la vérité ne resterait pas cachée à jamais. Les slogans qui résonnent aujourd’hui dans tout l’Iran révèlent désormais que c’est la propagande islamo-gauchiste qui a été renversée. Le Pahlavisme, lui, continue de régner au cœur de la société iranienne. Le retour tant réclamé de Pahlavi serait ainsi celui d’un Iran à son identité historique, perdue depuis l’occupation illégale de la République islamique.

Maëlie Kate Jalali, juriste et entrepreneure belgo-québécoise d’origine iranienne

(Jean-Pierre PREVEL / AFP)

You may also like

Êtes-vous sûr de vouloir débloquer cet article ?
Déblocages restants : 0
Êtes-vous sûr de vouloir annuler l'abonnement ?