Une photo publiée sur Instagram par Jean-Luc Romero, adjoint à la mairie de Paris en charge des droits humains, a déclenché une vague d’indignation ce week-end. On y voit Anne Hidalgo (photo) et plusieurs élus parisiens, souriants à bord d’un avion, accompagnée de la légende : « Départ pour la visite des camps de la mort d’Auschwitz-Birkenau, avec Anne Hidalgo. »
Le cliché a été pris dans le cadre d’un déplacement mémoriel organisé par le Mémorial de la Shoah, à l’occasion de l’anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945. Selon la mairie de Paris, cette visite vise à rendre hommage aux victimes de la barbarie nazie, aux survivants, et à réaffirmer l’engagement de la Ville dans la lutte contre toutes les formes de discrimination.
Un manque de retenue dénoncé
Ce n’est pas le principe du déplacement qui est mis en cause, mais la mise en scène jugée déplacée de ce moment. La publication de la photo, montrant des élus souriants avant un voyage à forte charge mémorielle, a été perçue par de nombreux observateurs comme un manque de retenue.
La sénatrice Nathalie Goulet (Groupe Union centriste) a dénoncé sur X une « indignité », tandis que plusieurs journalistes et essayistes ont exprimé leur malaise face à une image assimilée à un départ en voyage ordinaire. Certains ont estimé qu’Auschwitz ne pouvait être traité comme un déplacement institutionnel classique, encore moins comme un moment à documenter sur les réseaux sociaux.
Une polémique essentiellement symbolique
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont également fustigé ce qu’ils considèrent comme une confusion entre devoir de mémoire et communication politique. « On n’y va plus pour se souvenir, on y va pour se montrer », résume l’un d’eux, dans un message largement relayé.
À ce stade, la mairie de Paris n’a pas réagi directement à la controverse, se contentant de rappeler le caractère mémoriel et éducatif du déplacement. La polémique souligne toutefois la sensibilité extrême qui entoure la représentation publique des lieux de la Shoah, où la forme peut rapidement prendre le pas sur le fond.
Harrison du Bus
(Photo by Alexis Jumeau/ABACAPRESS.COM)