Faut-il vraiment craindre une attaque russe contre l’Otan dans les prochains mois ?
Après l’alerte du renseignement danois sur le risque d’une attaque russe limitée, le Times a interrogé dix responsables européens de la sécurité et de la défense. La plupart ne voient aucun signe d’une invasion imminente. La menace qu’ils redoutent est plus ambiguë : sabotage, cyberattaques et provocations.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La Russie prépare-t-elle réellement une attaque contre l’Otan ? Dix responsables européens interrogés par le Times ne voient pas de signe d’invasion imminente, mais alertent sur une guerre hybride de plus en plus agressive et le risque d’un dérapage.
La Russie pourrait-elle réellement attaquer un pays de l'Otan dans les prochains mois ? L'avertissement lancé jeudi par les services de renseignement militaires danois a de quoi inquiéter : Copenhague évoque désormais un risque « faible mais croissant » d'une opération militaire russe limitée contre un ou plusieurs pays de l'Alliance, alors même que la guerre en Ukraine se poursuit.
Mais cette alerte signifie-t-elle que les services occidentaux ont détecté les préparatifs d'une offensive russe contre l'Europe ? Une vaste enquête publiée jeudi par le Times permet d'apporter une réponse beaucoup plus nuancée.
Le quotidien britannique a interrogé dix responsables actuels ou anciens de la sécurité européenne, parmi lesquels trois ministres de la Défense. Le tableau qui se dégage est relativement clair sur un point : la plupart ne disposent d'aucun élément indiquant que Vladimir Poutine prépare actuellement une invasion terrestre des pays baltes ou d'un autre territoire de l'Otan.
« Aucun élément » indiquant une invasion terrestre
Deux sources européennes du renseignement interrogées sous couvert d'anonymat par le Times affirment qu'aucun élément attestant l'existence d'un tel plan russe ne circule actuellement au sein de l'Alliance.
Des responsables militaires britanniques tiennent un discours comparable : ils ne disposent d'aucun nouveau renseignement suggérant l'imminence d'une attaque russe et redoutent même que certaines déclarations alarmistes ne finissent par servir les intérêts de Moscou en donnant l'impression que la guerre serait devenue inévitable.
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