« Ce n’était pas une conversation privée » : le journaliste qui a révélé les propos de Glucksmann répond à Franceinfo
Après les critiques suscitées par la diffusion des propos de Raphaël Glucksmann enregistrés à son insu, le journaliste du Média à l'origine de la révélation répond à Franceinfo. Il assure qu'il ne s'agissait pas d'une conversation privée, mais d'une réunion politique devant une trentaine de cadres socialistes.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Critiqué après la diffusion des propos de Raphaël Glucksmann enregistrés à son insu, Amine Snoussi répond à Franceinfo : selon le journaliste du Média, il ne s'agissait pas d'une conversation privée mais d'une réunion politique devant une trentaine de cadres socialistes.
« Ce n'était pas une conversation privée. » Amine Snoussi, journaliste au Média à l'origine de la diffusion des propos controversés de Raphaël Glucksmann, répond aux critiques formulées sur le plateau de Franceinfo après ses révélations.
Le 2 octobre, Le Média avait publié une vidéo datant du 17 septembre dans laquelle Raphaël Glucksmann évoquait notamment Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon : « On va pas rentrer dedans, on leur pisse dessus. » Le média présente la séquence comme ayant été enregistrée lors d'une réunion avec le courant socialiste de Boris Vallaud.
Sa diffusion a rapidement déclenché une polémique sur le fond, mais également sur la méthode utilisée pour obtenir ces propos.
« C'est de l'ordre du privé »
Sur Franceinfo, on s'est interrogé sur la légitimité de la publication d'une séquence enregistrée à l'insu de Raphaël Glucksmann.
« C'est un véritable problème de violation de la vie privée », estime Jean-Christopher Rolland, jugeant que « les communications qu'on tient en off doivent rester en off ».
« C'est absolument inadmissible et inacceptable d'être, en effet, enregistré et filmé à son insu », renchérit Antoine Comte, avant de s'interroger : « Qu'est-ce que ça apporte au débat public de révéler ça ? »
Le procédé est même rapproché des « journaux poubelles » du début du XXe siècle : « On ne va pas être dans les années 30 en 2026. »
« Une réunion politique diffusée en visio »
Amine Snoussi conteste désormais frontalement cette présentation. « Ce n'était pas une conversation privée : c'était une réunion du courant de Boris Vallaud, le 17 septembre, devant une trentaine de cadres socialistes, avec un lien Zoom ouvert à distance », affirme le journaliste.
.@franceinfo, je suis le journaliste qui a révélé la vidéo de Raphaël Glucksmann pour @LeMediaTV. Pendant plus de deux minutes, votre plateau s'est interrogé sur le "contexte" de ces propos. Vu que personne n'a pensé à demander au Média TV, je vous réponds ici :
— Amine Snoussi (@amin_snoussi) October 4, 2026
Ce n'était pas… pic.twitter.com/Y08Ekrm7ov
« Parler de "violation de la vie privée" pour une réunion politique diffusée en visio, c'est confondre l'intimité d'une personne et l'activité d'un parti », poursuit-il.
Le Média avait effectivement présenté dès la publication de son enquête la séquence comme provenant d'une réunion avec le courant de Boris Vallaud. Le Monde décrit également Glucksmann comme s'exprimant devant des militants, avec le président du groupe socialiste à l'Assemblée assis à ses côtés.
Le caractère non public de la réunion demeure donc incontestable ; sa qualification comme relevant de la « vie privée » est en revanche précisément ce que conteste le journaliste.
« Qu'est-ce que ça apporte au débat public ? »
À cette question posée sur Franceinfo, Amine Snoussi répond également sans détour : « Ce qu'un candidat à la présidentielle dit de ses rivaux quand il se croit entre soi. »
Il relève notamment la présence de Boris Vallaud aux côtés de Raphaël Glucksmann au moment des propos : « Votre éditorialiste le reconnaît lui-même : le patron des députés PS, assis à côté, "ne bronche pas". C'est précisément une information. »
Le journaliste assume donc entièrement la publication de l'enregistrement et défend son intérêt journalistique : « Révéler ce que les responsables politiques disent loin des caméras, c'est le travail de la presse. »
Il adresse enfin une dernière pique à Franceinfo : la chaîne a consacré plusieurs minutes à discuter de la révélation et des méthodes du Média sans solliciter le journaliste qui en était à l'origine.
« Le plus ironique reste que Franceinfo a construit tout un plateau sur notre révélation, sans jamais nous inviter. Je reste disponible pour la prochaine fois », conclut-il.