« Celui qui doit faire un effort, c’est l’État » : Bouchez dévoile ses pistes pour le budget
Réduire la taille de l’État, profiter des départs à la pension dans la fonction publique, utiliser davantage l’intelligence artificielle et traquer les abus dans les aides sociales : Georges-Louis Bouchez précise les pistes que le MR veut mettre sur la table du conclave budgétaire.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
- Le MR rappelle qu'il veut faire porter prioritairement l’effort budgétaire sur les dépenses de l’État.
- Bouchez propose de profiter des départs à la pension pour redimensionner la fonction publique grâce notamment à l’IA.
- Le président du MR veut renforcer les contrôles sur certaines aides et préserver le travail et l’investissement de nouvelles taxes.
Alors que le gouvernement fédéral doit réaliser un effort budgétaire d’environ 10 milliards d’euros à l’horizon 2029, Georges-Louis Bouchez trace les lignes rouges du MR. Interrogé par Martin Buxant sur RTL-TVi sur ceux qui devront contribuer à l’assainissement des finances publiques, le président libéral désigne d’abord… l’État.
« Celui qui doit faire un effort, c’est l’État, parce que c’est l’État qui dépense trop », affirme-t-il. À l’inverse, le MR entend, selon son président, préserver « le travailleur, mais aussi l’investisseur, l’entrepreneur », qu’il présente comme ceux qui « font tourner la machine économique du pays ».
Réduire la taille de l’État
Pour Georges-Louis Bouchez, l’assainissement doit donc passer prioritairement par une réduction des dépenses publiques plutôt que par de nouvelles recettes fiscales.
Le président du MR pointe notamment la structure institutionnelle belge : « Vous avez déjà vu le nombre de gouvernements, le nombre de députés, le nombre de ministres. C’est une grande source d’inefficacité. Donc il faut absolument réduire l’appareil de l’État. »
Ne pas remplacer tous les fonctionnaires qui partent à la pension
Georges-Louis Bouchez voit également une importante source d’économies potentielles dans les départs naturels au sein de la fonction publique. Selon le chiffre avancé par le président du MR dans l’interview, près de 40 % des fonctionnaires devraient partir à la pension au cours des dix prochaines années.
Il ne propose donc pas de licenciements, mais un redimensionnement progressif des administrations en ne remplaçant pas nécessairement tous les départs.
« C’est l’occasion, avec l’intelligence artificielle, avec les nouvelles technologies, de pouvoir redimensionner la fonction publique », explique-t-il.
« Lutter contre les abus »
Troisième piste évoquée : renforcer la lutte contre les abus dans les dépenses sociales.
Georges-Louis Bouchez prend notamment l’exemple des personnes en incapacité de travail. « Il y a des vrais malades qui doivent être soutenus, mais il y a aussi plein de faux malades dans ce pays », affirme-t-il.
Il souhaite également davantage tenir compte du patrimoine lors de l'octroi de certaines aides : « On a également des aides qui sont apportées à des gens sans qu’on vérifie leur patrimoine. »
Le président du MR estime ainsi qu’il existe « énormément d’endroits où cet État perd de l’argent inutile ».
Derrière ces différentes pistes se dessine surtout la ligne que le MR veut défendre dans les négociations budgétaires : faire porter l’essentiel de l’effort sur les dépenses et le fonctionnement de l’État plutôt que sur de nouveaux prélèvements pesant sur le travail et l’investissement. Une piste qui n'est pas partagée par les partenaires de la coalition et que certains, au sein de la majorité, jugent insuffisantes pour réaliser 10 milliards d'économie à l'horizon 2029.
Georges-Louis Bouchez justifie cette position par la nécessité, selon lui, d’augmenter le nombre de personnes au travail et de favoriser l’investissement et la création d’entreprises.
Ces propositions doivent désormais être confrontées à celles des autres partenaires de la coalition Arizona. À ce stade, il s’agit donc des priorités défendues par le MR dans le conclave et non de mesures arrêtées par le gouvernement.