Ceuta : plusieurs milliers de migrants errent encore dans l'enclave, selon les autorités locales
Plusieurs jours après l'afflux massif de migrants à Ceuta, les opérations de renvoi vers le Maroc se poursuivent. Tandis que la Garde civile multiplie les interventions sur le terrain, un désaccord oppose désormais le gouvernement espagnol et les autorités de l'enclave sur le nombre de migrants restant sur place.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La Garde civile espagnole poursuit les opérations de renvoi vers le Maroc des migrants encore présents à Ceuta. Les autorités locales estiment que 6 000 personnes demeurent dans l'enclave, contre 2 000 à 3 000 selon Madrid.
La pression reste forte à Ceuta. Selon El Mundo, la Garde civile mène désormais des opérations ciblées pour retrouver les migrants marocains encore présents dans l'enclave espagnole afin de les reconduire vers la frontière du Tarajal.
Le quotidien espagnol décrit des groupes de jeunes escortés à pied vers le poste-frontière, certains tentant de prendre la fuite lorsqu'ils comprennent qu'ils vont être renvoyés au Maroc.
Selon le journal, cette méthode remplace progressivement les opérations menées les jours précédents avec l'appui de l'armée espagnole, qui transportait les migrants jusqu'à la frontière à bord de camions militaires.
Madrid et Ceuta ne parlent plus le même langage
L'autre enseignement de cette journée concerne les chiffres. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas (Parti populaire), affirme qu'environ 6.000 migrants « errent toujours » dans la ville sans que leurs besoins essentiels soient couverts.
Le gouvernement espagnol avance, lui, une estimation beaucoup plus basse, comprise entre 2.000 et 3.000 personnes.
Les deux parties divergent également sur l'ampleur de la crise elle-même. Selon Juan Jesús Vivas, près de 80.000 migrants sont entrés dans l'enclave lors des journées des 30 et 31 juillet, dont environ 73.000 seraient déjà repartis vers le Maroc.
Le ministère espagnol de l'Intérieur évoque pour sa part 72.000 entrées et environ 70.000 retours.
« Une ville toujours débordée »
Malgré les retours massifs déjà effectués, le président de Ceuta estime que la crise est loin d'être terminée. Il considère que la ville demeure « débordée » et évoque un « risque élevé pour l'ordre public et la sécurité ».
Juan Jesús Vivas critique également la gestion du gouvernement de Pedro Sánchez, qu'il juge « tardive et insuffisante ».
Sur la télévision publique espagnole, il s'est interrogé sur l'incapacité des autorités à établir précisément le nombre de migrants encore présents dans l'enclave plusieurs jours après l'afflux massif.
« Comment est-il possible que nous ne sachions toujours pas combien de personnes restent à Ceuta ? Comment est-il possible qu'elles n'aient pas toutes été identifiées ? », a-t-il demandé.
Une crise loin d'être refermée
Cette nouvelle séquence confirme que, malgré les annonces de Madrid sur les nombreux retours vers le Maroc, la crise migratoire de Ceuta n'est pas résorbée.
Alors que les opérations de renvoi se poursuivent et que les autorités tentent toujours de localiser les migrants restés dans la ville, la question des centaines de mineurs non accompagnés ainsi que les divergences persistantes sur les chiffres montrent que la gestion de cette crise est encore loin d'être achevée.