Les emblématiques toques de la garde britannique menacées par la fourrure synthétique
Dix-neuf parlementaires demandent au gouvernement britannique de remplacer les toques de la garde en peau d’ours. L’armée cherche encore une matière synthétique assez résistante.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Dix-neuf parlementaires britanniques réclament la fin des coiffes militaires en peau d’ours. Le ministère de la Défense accepte le principe, mais exige une matière synthétique résistante, durable et abordable. Peta affirme disposer d’une solution développée avec le fabricant Ecopel.
Le gouvernement britannique subit une nouvelle pression sur les toques de la garde royale. Dix-huit députés et une membre de la Chambre des lords réclament l’abandon de la fourrure véritable. Ils ont interpellé le ministre de la Défense, Luke Pollard, le mardi 15 septembre.
Ces coiffes portent le nom de « Bearskins ». Elles mesurent environ 45 centimètres et pèsent près de 700 grammes. Les soldats de la Household Division les portent lors des cérémonies officielles.
Les touristes les découvrent surtout devant les palais de Buckingham et de Saint James. Leur silhouette appartient désormais au patrimoine visuel britannique. Leur fabrication suscite pourtant un débat récurrent sur le bien-être animal.
Une alternative aux toques de la garde toujours introuvable
L’armée britannique cherche depuis plus de dix ans une matière synthétique satisfaisante. Elle a testé plusieurs prototypes depuis 2015. Aucun n’a encore rempli toutes les conditions militaires.
Le ministère évalue notamment la résistance à l’eau et la vitesse de séchage. Il examine aussi l’apparence de la fourrure et sa résistance à la compression. La future matière devra également offrir une longue durée de vie.
Le gouvernement conservateur précédent avait déjà étudié plusieurs solutions. Il n’avait retenu aucun substitut. Le gouvernement travailliste se dit désormais prêt à abandonner la peau d’ours sous certaines conditions.
La nouvelle matière devra se révéler adaptée, durable et financièrement acceptable. Luke Pollard a confirmé cette position dans une réponse écrite au Parlement. Son ministère envisage aussi de reprendre les discussions avec l’association Peta.
Des commandes en hausse depuis 2024
Peta dénonce une forte augmentation des commandes de coiffes traditionnelles. Selon l’organisation, l’armée en avait acheté 22 en 2024. Ce nombre aurait atteint 96 en 2025.
Chaque coiffe coûterait environ 2.500 livres sterling. Peta utilise ces chiffres pour contester la politique actuelle. L’organisation juge urgent de mettre fin à l’emploi de fourrure animale.
Les parlementaires partagent cette position. Leur lettre qualifie l’utilisation de véritables peaux d’ours d’« impossible à justifier ». Ils demandent une collaboration entre le ministère, ses fournisseurs et les fabricants de matières synthétiques.
Les signataires évoquent aussi les méthodes de chasse utilisées au Canada. Ils affirment que certains animaux meurent sous les tirs d’arbalètes. Selon eux, la mort des femelles peut également laisser des oursons sans protection.
Une fourrure synthétique proposée par Peta
Peta affirme avoir développé une solution avec le fabricant français Ecopel. Cette fourrure synthétique aurait été spécialement conçue pour les « Bearskins ». L’association assure qu’elle répond désormais aux exigences britanniques.
Le ministère de la Défense devra encore vérifier ces performances. Plusieurs matériaux prometteurs ont échoué lors des précédents essais. La résistance aux intempéries constitue l’une des principales difficultés.
Les peaux actuelles proviennent exclusivement du marché canadien réglementé. Elles résultent de chasses autorisées par la législation locale. Le gouvernement britannique ne commande donc pas directement l’abattage des animaux.
Une peau permettrait de fabriquer une ou deux coiffes, selon une estimation ministérielle datant de 2003. Leur durée d’utilisation peut dépasser vingt ans. Cet argument n’écarte pas les critiques des défenseurs des animaux.
Adoptées par plusieurs régiments après les guerres napoléoniennes, les coiffes possèdent une forte valeur historique. Le gouvernement devra désormais concilier cet héritage avec ses engagements sur le bien-être animal.